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Œdème cérébral post-traumatique : guide complet d’indemnisation des victimes

L’œdème cérébral post-traumatique est une complication grave qui survient après un traumatisme crânien. Le cerveau gonfle sous l’effet de l’accumulation de liquide dans les tissus cérébraux, ce qui provoque une augmentation dangereuse de la pression intracrânienne. Les conséquences peuvent être dévastatrices : séquelles neurologiques lourdes, handicap permanent, voire décès. Pour la victime et ses proches, connaître ses droits en matière d’indemnisation est une étape essentielle pour obtenir une réparation à la hauteur des préjudices subis.

Ce guide détaillé, rédigé par les experts de victime-info.fr en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), explique tout ce qu’il faut savoir sur l’indemnisation d’un œdème cérébral post-traumatique : mécanismes médicaux, procédures juridiques, postes de préjudice, montants d’indemnisation et démarches concrètes. La victime ou ses proches peuvent également contacter gratuitement la permanence d’aide aux victimes pour un accompagnement personnalisé.

Sommaire

Comprendre l’œdème cérébral post-traumatique

L’œdème cérébral post-traumatique désigne un gonflement anormal du cerveau consécutif à un traumatisme crânien. Suite à un choc violent sur le crâne, les tissus cérébraux réagissent par une accumulation de liquide — intra ou extracellulaire — qui augmente le volume du cerveau à l’intérieur de la boîte crânienne. Comme celle-ci est rigide et ne peut pas s’étendre, la pression intracrânienne augmente rapidement.

Cette hypertension intracrânienne (HTIC) constitue une urgence médicale absolue. Sans prise en charge rapide, l’œdème cérébral peut provoquer des lésions irréversibles, un coma, voire le décès du patient. Le pronostic dépend de la rapidité de la prise en charge, de l’étendue de l’œdème et de la gravité du traumatisme initial.

Les différents types d'œdème cérébral

On distingue principalement deux formes d’œdème cérébral post-traumatique :

  • L’œdème vasogénique : la barrière hémato-encéphalique est rompue par le traumatisme, ce qui laisse passer le plasma sanguin dans les tissus cérébraux.
  • L’œdème cytotoxique : les cellules cérébrales elles-mêmes gonflent en raison d’un dysfonctionnement métabolique provoqué par le choc.

Dans la pratique, les deux formes coexistent souvent après un traumatisme crânien sévère. Le type et l’étendue de l’œdème influencent directement le pronostic et donc les séquelles qui seront évaluées lors de l’expertise médicale.

Comment se diagnostique l’œdème cérébral ?

Le diagnostic repose essentiellement sur l’imagerie médicale. Le scanner cérébral (TDM) est l’examen de première intention aux urgences. Il permet de visualiser le gonflement du cerveau, les éventuels hématomes associés et les signes d’engagement cérébral. L’IRM cérébrale, plus précise, est ensuite réalisée pour évaluer l’étendue exacte des lésions. Ces examens sont des pièces essentielles du dossier d’indemnisation.

Le score de Glasgow, évalué sur place par les secours puis à l’hôpital, permet de mesurer la profondeur du trouble de conscience. Un score bas (inférieur à 8) associé à un œdème cérébral étendu oriente vers un traumatisme crânien grave dont les conséquences seront lourdes.

Les causes accidentelles les plus fréquentes

L’œdème cérébral post-traumatique survient après un choc violent au niveau de la tête. Les circonstances de l’accident déterminent non seulement la gravité de l’œdème, mais aussi le cadre juridique applicable pour l’indemnisation.

💡 Cas pratique : œdème cérébral suite à un accident de moto

Marc, 35 ans, conducteur de moto, est percuté par une voiture qui grille un feu rouge. Malgré le port du casque, le choc est d’une violence extrême. Marc est hospitalisé en réanimation avec un traumatisme crânien sévère et un œdème cérébral diffus nécessitant une craniectomie décompressive. Après 3 semaines de coma, il se réveille avec des troubles cognitifs majeurs. Le tiers responsable étant identifié, son assurance doit prendre en charge l’intégralité de l’indemnisation au titre de la loi Badinter.

Accidents de la circulation

Les accidents de la route constituent la première cause de traumatisme crânien grave avec œdème cérébral, notamment chez les jeunes adultes. Les motards, cyclistes et piétons sont particulièrement vulnérables. L’indemnisation relève alors de la loi Badinter du 5 juillet 1985, qui protège les victimes d’accidents de la circulation. Si le conducteur responsable n’est pas assuré, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) intervient pour indemniser la victime.

Chutes et accidents de la vie courante

Une chute de hauteur (échelle, escalier, terrasse), un accident dans un lieu public ou un commerce, ou encore une chute sur un trottoir défectueux peuvent provoquer un traumatisme crânien avec œdème cérébral. L’indemnisation passe par la mise en cause du responsable ou par l’activation d’un contrat Garantie des Accidents de la Vie (GAV).

Agressions

Un coup violent à la tête lors d’une agression peut provoquer un œdème cérébral. La victime peut alors se constituer partie civile devant le tribunal correctionnel pour obtenir des dommages et intérêts, et saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) si l’agresseur est insolvable. Consulter le guide sur les démarches à entreprendre après une agression permet de ne manquer aucune étape.

Accidents du sport et autres causes

Les sports de contact (rugby, boxe, football américain), les sports équestres, le ski ou le VTT peuvent aussi être à l’origine d’un traumatisme crânien avec œdème cérébral, surtout chez les enfants et les adolescents. Les accidents de chasse sont également concernés avec la responsabilité spécifique du chasseur et de son assurance.

⚖️ Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, dite loi Badinter

Toute victime d’un accident de la circulation impliquant un véhicule terrestre à moteur a droit à l’indemnisation de ses dommages corporels, y compris les piétons, cyclistes et passagers. En cas d’œdème cérébral post-traumatique, l’assureur du véhicule responsable doit indemniser l’intégralité des préjudices subis.

Séquelles et conséquences sur la vie quotidienne

Un œdème cérébral post-traumatique, surtout lorsqu’il est étendu ou prolongé, laisse fréquemment des séquelles neurologiques importantes. Ces séquelles déterminent directement le montant de l’indemnisation, car elles correspondent à des postes de préjudice précis de la nomenclature Dintilhac.

Séquelles cognitives et neuropsychologiques

Les troubles cognitifs sont les séquelles les plus fréquentes après un œdème cérébral. Il peut s’agir de troubles de la mémoire (amnésie antérograde ou rétrograde), de difficultés de concentration et d’attention, de lenteur du traitement de l’information, de troubles des fonctions exécutives (planification, organisation, prise de décision) ou encore de troubles du langage (aphasie). Ces troubles constituent souvent un handicap invisible difficile à faire reconnaître.

Séquelles motrices et sensorielles

Selon la localisation de l’œdème et des lésions associées, la victime peut présenter une hémiparésie ou une hémiplégie (paralysie d’un côté du corps), des troubles de l’équilibre et de la coordination, des troubles visuels ou auditifs, ou encore une épilepsie post-traumatique.

Séquelles psychologiques et comportementales

L’œdème cérébral peut modifier profondément la personnalité et le comportement de la victime : irritabilité, agressivité, désinhibition, dépression, anxiété, troubles du sommeil. Ces changements sont dévastateurs pour l’entourage et constituent des préjudices indemnisables à part entière.

📌 L'impact global de l'œdème cérébral

Un œdème cérébral post-traumatique peut avoir des conséquences dans tous les domaines de la vie :

Chacune de ces conséquences ouvre droit à un poste de préjudice spécifique dans la nomenclature Dintilhac.

Le droit à indemnisation de la victime d’un œdème cérébral

Le droit français consacre le principe de réparation intégrale du préjudice. Cela signifie que la victime d’un œdème cérébral post-traumatique a le droit d’être indemnisée pour l’ensemble de ses préjudices, sans enrichissement ni appauvrissement. L’objectif est de replacer la victime dans la situation la plus proche possible de celle qui aurait été la sienne sans l’accident.

⚖️ Article 1240 du Code civil

« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » Ce principe fondamental fonde le droit à indemnisation de toute victime d’un dommage corporel, y compris en cas d’œdème cérébral post-traumatique.

Qui peut être indemnisé ?

La victime directe est bien sûr la première bénéficiaire de l’indemnisation. Mais les proches de la victime — conjoint, enfants, parents, fratrie — peuvent également être indemnisés au titre des préjudices des victimes indirectes : préjudice d’affection, préjudice d’accompagnement et préjudices économiques liés à l’assistance apportée.

Les délais de prescription

En matière de dommage corporel, le délai pour agir en justice est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (et non de la date de l’accident). Ce délai est fixé par l’article 2226 du Code civil. La consolidation correspond au moment où l’état de santé de la victime est stabilisé, même s’il reste des séquelles permanentes. Pour un œdème cérébral grave, la consolidation peut intervenir plusieurs années après l’accident.

⚠️ Ne pas confondre consolidation et guérison

La consolidation ne signifie pas que la victime est guérie. Elle signifie que son état de santé ne devrait plus évoluer significativement, que ce soit en bien ou en mal. C’est à partir de cette date que les séquelles permanentes sont évaluées et que l’indemnisation définitive peut être calculée. En attendant la consolidation, la victime peut demander le versement de provisions (avances sur indemnisation).

Les postes de préjudice indemnisables après un œdème cérébral

L’indemnisation d’un œdème cérébral post-traumatique repose sur la nomenclature Dintilhac, qui recense tous les postes de préjudice corporel. Compte tenu de la gravité habituelle de cette pathologie, de nombreux postes sont concernés.

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : il compense la gêne subie pendant la période de soins et de rééducation. Pour un œdème cérébral, le DFT total (hospitalisation, réanimation, centre de rééducation) peut durer plusieurs mois, suivi d’un DFT partiel pendant la phase de récupération. L’indemnisation se calcule par classes de 1 à 4.
  • Souffrances endurées (pretium doloris) : cotées de 0 à 7, elles prennent en compte les douleurs physiques et morales liées au traumatisme, à l’hospitalisation prolongée, aux interventions chirurgicales (craniectomie) et à la rééducation.
  • Frais médicaux et hospitaliers : tous les frais de santé restés à la charge de la victime (dépassements d’honoraires, rééducation, consultations spécialisées).
  • Aide humaine temporaire : la victime a souvent besoin d’une assistance pour les actes de la vie quotidienne durant la période de convalescence.

Les préjudices permanents (après consolidation)

  • Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : c’est le taux d’incapacité permanente attribué à la victime. Pour un œdème cérébral avec séquelles importantes, ce taux peut aller de 30 % à 80 % voire plus.
  • Tierce personne permanente : si la victime a besoin d’une aide humaine quotidienne à vie, ce poste représente souvent la somme la plus importante de l’indemnisation (parfois plusieurs millions d’euros en capitalisation).
  • Perte de gains professionnels futurs (PGPF) : compensation de la perte de revenus liée à l’impossibilité de reprendre une activité professionnelle.
  • Incidence professionnelle : pénibilité accrue au travail, dévalorisation sur le marché de l’emploi, perte de droits à la retraite.
  • Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer les activités de loisirs et sportives. Le simulateur de préjudice d’agrément permet d’obtenir une première estimation.
  • Frais de véhicule adapté et frais de logement adapté : si le handicap nécessite un aménagement.
  • Préjudice esthétique permanent : cicatrices, déformations crâniennes liées à une craniectomie.
  • Préjudice sexuel : troubles de la libido, impossibilité d’avoir des rapports. Le simulateur de préjudice sexuel donne des ordres de grandeur.
📞 Estimer le montant de son indemnisation

Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation personnalisée des différents postes de préjudice corporel.

L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation

L’expertise médicale est le pivot de toute procédure d’indemnisation d’un œdème cérébral post-traumatique. C’est lors de cet examen que les séquelles sont évaluées et que les différents postes de préjudice sont quantifiés. Les conclusions du médecin expert déterminent directement le montant de l’indemnisation.

Expertise amiable ou judiciaire

Deux types d’expertise existent. L’expertise amiable est organisée par l’assureur du responsable. Le médecin expert est alors mandaté et rémunéré par l’assureur, ce qui soulève la question de son indépendance. L’expertise judiciaire est ordonnée par un juge : le médecin expert est nommé par le tribunal, ce qui garantit davantage d’impartialité. Pour un œdème cérébral avec séquelles graves, l’expertise judiciaire est souvent préférable.

⚠️ Se faire assister par un médecin conseil de victimes

Lors de toute expertise médicale, qu’elle soit amiable ou judiciaire, la victime a le droit de se faire assister par son propre médecin conseil de victimes. Ce spécialiste, indépendant de l’assureur, veille à ce que toutes les séquelles soient correctement évaluées. En cas d’œdème cérébral, les séquelles cognitives et comportementales sont souvent sous-estimées si personne ne les met en lumière. Trouver un médecin conseil compétent est possible via l’annuaire de victime-info.fr.

Le déroulement de l’expertise pour un œdème cérébral

Le déroulement de l’expertise médicale pour un œdème cérébral est spécifique. Le médecin expert analyse l’ensemble du dossier médical (imageries, comptes rendus de réanimation, bilans neuropsychologiques), examine la victime, évalue les séquelles cognitives, motrices et comportementales, et détermine les différents postes de préjudice. Un bilan neuropsychologique récent et détaillé est indispensable pour objectiver les troubles cognitifs.

L’expertise doit aussi prendre en compte le retentissement des séquelles sur la vie quotidienne, professionnelle, familiale et sociale de la victime. Les preuves issues de l’imagerie médicale (IRM, scanner) jouent un rôle déterminant pour documenter l’étendue des lésions cérébrales.

L'importance du bilan neuropsychologique

Pour un œdème cérébral post-traumatique, le bilan neuropsychologique est un document essentiel. Réalisé par un neuropsychologue, il évalue précisément les fonctions cognitives : mémoire, attention, fonctions exécutives, vitesse de traitement de l’information, capacités langagières. Ce bilan permet d’objectiver des troubles qui ne se voient pas à l’œil nu — le fameux handicap invisible — et de les faire reconnaître lors de l’expertise.

Montants d’indemnisation : ordres de grandeur

L’indemnisation d’un œdème cérébral post-traumatique varie considérablement selon la gravité des séquelles. Les montants dépendent du taux de DFP (déficit fonctionnel permanent), de l’âge de la victime, de sa situation professionnelle et familiale, et du besoin en aide humaine. Des exemples concrets d’indemnisation permettent de se faire une idée plus précise.

📊 Ordres de grandeur d'indemnisation pour un œdème cérébral

  • Œdème cérébral résorbé sans séquelles majeures (DFP 5-15 %) : 50 000 à 200 000 euros
  • Œdème cérébral avec séquelles modérées (DFP 20-40 %) : 200 000 à 800 000 euros
  • Œdème cérébral avec séquelles graves (DFP 50-80 %) : 800 000 à 3 000 000 euros et plus
  • Œdème cérébral avec état végétatif ou pauci-relationnel : plusieurs millions d’euros (tierce personne 24h/24)

Ces montants sont indicatifs et correspondent à l’indemnisation globale tous postes confondus. Chaque situation est unique et doit faire l’objet d’une évaluation personnalisée.

Le poste de tierce personne permanente est souvent le plus important dans les cas graves. Pour une victime jeune nécessitant une aide 24h/24, la capitalisation de ce poste peut atteindre à elle seule plus de 2 millions d’euros. Le référentiel Mornet fournit des indications sur les montants pratiqués par les juridictions.

💡 Cas pratique : indemnisation d'un jeune adulte après craniectomie

Émilie, 24 ans, étudiante en droit, est victime d’un accident de la route en tant que passagère. Elle subit un traumatisme crânien grave avec œdème cérébral massif nécessitant une craniectomie décompressive. Après un coma de 4 semaines et 6 mois de rééducation, elle conserve des troubles cognitifs importants (mémoire, concentration, fatigue chronique) et une épilepsie post-traumatique. Son taux de DFP est évalué à 55 %. L’indemnisation obtenue après expertise judiciaire s’élève à :

  • DFP 55 % : 350 000 euros
  • Souffrances endurées (6/7) : 40 000 euros
  • DFT total et partiel (18 mois) : 18 000 euros
  • Tierce personne permanente : 450 000 euros (capitalisée)
  • Perte de gains professionnels futurs : 600 000 euros
  • Préjudice esthétique : 15 000 euros
  • Préjudice d’agrément : 25 000 euros
  • Préjudice sexuel : 12 000 euros
  • Total : environ 1 510 000 euros

Ce montant illustre l’importance de faire évaluer correctement chaque poste de préjudice. La première offre de l’assureur s’élevait à 380 000 euros — soit quatre fois moins que l’indemnisation finalement obtenue.

Les démarches pour obtenir réparation

L’indemnisation d’un œdème cérébral post-traumatique est un parcours long et complexe. Connaître les étapes clés permet à la victime et à ses proches de ne pas se laisser dépasser par les événements. Le guide complet pour comprendre l’essentiel de l’indemnisation corporelle est un bon point de départ.

Étape 1 : Sécuriser les preuves

Dès l’accident, il est crucial de rassembler toutes les preuves : procès-verbal de police ou de gendarmerie, certificat médical initial, rapports d’imagerie (scanner, IRM), comptes rendus d’hospitalisation et de réanimation, bilans neuropsychologiques. Toutes ces pièces forment le dossier médical et juridique qui servira de base à l’indemnisation.

Étape 2 : Déclarer le sinistre

La victime (ou son représentant légal en cas de tutelle) doit déclarer le sinistre à l’assureur du responsable dans les meilleurs délais. En cas d’accident de la circulation, l’assureur a l’obligation de faire une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois suivant l’accident (ou 5 mois après la consolidation).

Étape 3 : L’expertise médicale

Comme expliqué ci-dessus, l’expertise médicale est le cœur de la procédure. Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes est essentiel pour que toutes les séquelles soient prises en compte.

Étape 4 : Négociation ou procédure judiciaire

Après l’expertise, la victime a le choix entre négocier avec l’assureur (voie amiable) ou saisir le tribunal (voie judiciaire). Un avocat spécialisé en dommage corporel est indispensable pour les cas graves d’œdème cérébral, car les enjeux financiers sont très élevés.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

La première offre d’indemnisation proposée par l’assureur est presque systématiquement inférieure au montant réellement dû. Les assureurs tentent de minimiser les postes de préjudice, notamment la tierce personne et la perte de gains professionnels futurs. Dans l’exemple d’Émilie ci-dessus, l’assureur proposait 380 000 euros alors que l’indemnisation finale s’est élevée à 1 510 000 euros. Accepter trop vite, c’est renoncer définitivement à une indemnisation juste, car la signature d’un accord vaut transaction définitive.

Étape 5 : Le versement de l’indemnisation

L’indemnisation peut être versée sous forme de capital (en une seule fois) ou sous forme de rente (versement régulier). Pour les cas les plus graves, une combinaison des deux est souvent retenue. Si la victime est sous tutelle, le juge des tutelles supervise la gestion des fonds.

L'indemnisation est non imposable

En principe, les indemnités versées en réparation d’un préjudice corporel ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu. Cette règle s’applique aussi bien aux sommes versées par l’assureur qu’aux dommages et intérêts accordés par un tribunal. Plus de détails sur la page dédiée à la fiscalité de l’indemnisation.

Les erreurs à éviter après un œdème cérébral post-traumatique

L’indemnisation d’un traumatisme crânien avec œdème cérébral comporte de nombreux pièges. Voici les erreurs les plus fréquentes qui peuvent coûter très cher à la victime.

📌 Les 5 erreurs les plus courantes

  1. Accepter la première offre de l’assureur sans la faire analyser par un professionnel indépendant
  2. Se rendre seul à l’expertise médicale sans médecin conseil de victimes ni avocat
  3. Négliger les troubles cognitifs et comportementaux parce qu’ils sont invisibles et difficiles à prouver
  4. Ne pas faire réaliser de bilan neuropsychologique complet avant l’expertise
  5. Laisser passer les délais de prescription sans engager les démarches

Chacune de ces erreurs peut réduire considérablement le montant de l’indemnisation, voire faire perdre tout droit à réparation.

Il est également important de ne pas sous-estimer le besoin futur en aide humaine. Certaines victimes d’œdème cérébral récupèrent partiellement mais restent dépendantes pour certains actes de la vie quotidienne. Faire évaluer ce besoin par un ergothérapeute spécialisé est fortement recommandé. Enfin, les fondamentaux du droit du dommage corporel rappellent que la victime a toujours le droit de contester une expertise ou une offre insuffisante.

Questions fréquentes

Questions fréquentes


Qu'est-ce qu'un œdème cérébral post-traumatique ?

L’œdème cérébral post-traumatique est un gonflement du cerveau provoqué par un traumatisme crânien. L’accumulation de liquide dans les tissus cérébraux entraîne une augmentation de la pression intracrânienne, pouvant provoquer des lésions neurologiques graves. Il se diagnostique par scanner et IRM et nécessite une prise en charge en urgence en réanimation.

Quels sont les montants d'indemnisation pour un œdème cérébral ?

L’indemnisation varie considérablement selon la gravité des séquelles. Pour un œdème cérébral avec séquelles modérées (DFP 20-40 %), l’indemnisation se situe entre 200 000 et 800 000 euros. Pour les cas graves (DFP supérieur à 50 %), elle peut dépasser 1 à 3 millions d’euros, notamment en raison du poste tierce personne. Chaque situation est unique et doit être évaluée individuellement.

Faut-il un avocat spécialisé pour l'indemnisation d'un œdème cérébral ?

Compte tenu de la gravité des séquelles et des enjeux financiers considérables, le recours à un avocat spécialisé en dommage corporel est vivement recommandé. Celui-ci maîtrise la nomenclature Dintilhac, sait calculer chaque poste de préjudice et dispose de l’expérience nécessaire pour négocier face aux assureurs ou plaider devant le tribunal.

Combien de temps durent les démarches d'indemnisation ?

La durée dépend de la voie choisie et de la complexité du dossier. En voie amiable, le processus peut durer de 12 à 24 mois après la consolidation. En voie judiciaire, il faut compter entre 2 et 5 ans. Pour un œdème cérébral grave, la consolidation elle-même peut intervenir 2 à 3 ans après l’accident. En attendant, la victime peut obtenir des provisions (avances) pour couvrir ses besoins immédiats.

L'œdème cérébral peut-il survenir plusieurs jours après l'accident ?

Oui, l’œdème cérébral peut se développer progressivement dans les heures ou les jours suivant le traumatisme crânien. C’est pourquoi une surveillance médicale en milieu hospitalier est essentielle après tout choc important à la tête, même si les premiers examens semblent rassurants. L’aggravation secondaire est un phénomène médical bien documenté qui ne remet pas en cause le lien avec l’accident.

Les proches de la victime peuvent-ils être indemnisés ?

Oui. Les proches d’une victime d’œdème cérébral post-traumatique ont droit à une indemnisation pour leur propre préjudice. Le préjudice d’affection compense la souffrance morale de voir un être cher gravement blessé. Le préjudice d’accompagnement indemnise le bouleversement de la vie quotidienne lié à l’assistance d’un proche lourdement handicapé.


Conclusion : faire valoir ses droits après un œdème cérébral post-traumatique

L’œdème cérébral post-traumatique est l’une des complications les plus redoutées du traumatisme crânien. Les séquelles neurologiques qu’il engendre — troubles cognitifs, handicap moteur, épilepsie, changements de personnalité — bouleversent la vie de la victime et de son entourage. L’indemnisation, si elle ne peut effacer les souffrances, permet de financer les soins, l’aide humaine, les aménagements du cadre de vie et de compenser les pertes de revenus.

Pour obtenir une indemnisation juste, chaque étape compte : constituer un dossier solide, se faire accompagner lors de l’expertise médicale par un médecin conseil de victimes, et ne jamais accepter une offre d’assurance sans l’avoir fait analyser par un professionnel. Le site victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France, accompagne gratuitement les victimes dans ces démarches.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence d’aide aux victimes de victime-info.fr est disponible pour répondre aux questions et orienter la victime ou ses proches vers les professionnels compétents (avocat spécialisé, médecin conseil de victimes). Ce service est gratuit et confidentiel.

Témoignages

Bon alors notre fils de 19 ans a eu un accident de voiture en septembre dernier. Traumatisme crânien sévère avec oedème cérébral, craniectomie en urgence.. 3 semaines de coma. Franchement on était complètement perdus, on savait pas du tout comment ça marchait pour l’indemnisation. L’assurance du responsable nous a contacté rapidement avec une proposition de 200 000€, on a failli accepter tellement on était sous le choc. Heureusement on est tombé sur victime-info.fr qui nous a expliqué qu’il fallait attendre la consolidation et prendre un avocat spécialisé. Au final notre fils a eu 1,2 million d’euros, c’est pas tout rose il a encore des soucis de mémoire et fatigue mais au moins il a les moyens d’avoir une aide au quotidien

— Laurent, 42 ans, père d'une victime d'accident de la route

Moi j’ai glissé sur un sol mouillé dans un supermarché, je suis tombée en arrière direct sur la tête. Hospitalisation en urgence, oedème cérébral. Je suis restée 10 jours en réa.. au bout de quelques mois heureusement les séquelles étaient pas trop graves mais j’ai quand même des maux de tête chroniques et des troubles de concentration. Le magasin et son assurance m’ont proposé 8000€ en mode « c’est bon circulez », j’ai refusé et avec un médecin conseil j’ai fait une vraie expertise. Au final j’ai eu 45 000€ c’est quand même autre chose. Moralité ne signez jamais le premier truc qu’on vous propose

— Samira, 31 ans, victime d'une chute en magasin

Honnêtement sans l’aide que j’ai trouvée ici j’aurais jamais su que je pouvais contester l’expertise de l’assurance. Mon oedème cérébral après un accident de moto m’a laissé des problèmes cognitifs, le médecin de l’assurance avait noté un taux de 15% alors que le mien a évalué 38%. La différence en terme d’indemnisation c’est énorme.. on parle pas des mêmes chiffres du tout. Mon conseil a tout le monde : prenez votre propre médecin conseil, ça change tout

— Philippe, 56 ans, accidenté de moto