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Modèle de lettre de réclamation à l’assurance après un accident

Après un accident de la route, un accident de la vie courante ou tout autre sinistre ayant causé un dommage corporel, la victime doit adresser une lettre de réclamation à la compagnie d’assurance pour faire valoir ses droits à indemnisation. Cette étape est déterminante : une lettre mal rédigée, incomplète ou envoyée trop tard peut retarder considérablement la procédure, voire compromettre l’obtention d’une juste réparation.

Ce guide complet propose un modèle de lettre de réclamation après accident, accompagné de conseils pratiques pour éviter les erreurs les plus fréquentes. Il s’adresse à toute personne blessée lors d’un accident et souhaitant obtenir la réparation intégrale de son préjudice. En cas de doute, la permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter gratuitement la personne concernée.

📌 Ce que contient ce guide

  • Pourquoi envoyer une lettre de réclamation à l’assurance après un accident
  • Les informations indispensables à mentionner
  • Un modèle de lettre prêt à l’emploi, adaptable à chaque situation
  • Les pièces justificatives à joindre
  • Les pièges à éviter face à l’assureur
  • Les délais légaux à respecter
  • Comment contester une offre d’indemnisation insuffisante

Pourquoi envoyer une lettre de réclamation à l’assurance après un accident ?

La lettre de réclamation constitue le point de départ officiel de la procédure d’indemnisation auprès de l’assureur. Elle permet de déclarer le sinistre, de décrire les circonstances de l’accident et de formuler une demande d’indemnisation pour les préjudices subis. Sans cette démarche écrite, l’assurance n’a aucune obligation d’indemniser la victime.

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Dans le cadre d’un accident de la circulation, la loi Badinter du 5 juillet 1985 impose à l’assureur du responsable de formuler une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois suivant l’accident. Mais ce délai ne commence à courir qu’à partir du moment où l’assureur dispose de toutes les informations nécessaires. D’où l’importance d’une lettre complète et bien structurée.

⚖️ Article L211-9 du Code des assurances

L’assureur qui garantit la responsabilité civile du fait d’un véhicule terrestre à moteur est tenu de présenter à la victime une offre d’indemnité, comprenant tous les éléments indemnisables du préjudice. Cette offre doit être faite dans un délai maximum de huit mois à compter de l’accident.

Pour les accidents de la vie courante (chute, morsure de chien, accident de sport), la procédure dépend du contrat d’assurance souscrit par la victime, notamment de la garantie accidents de la vie (GAV). La lettre de réclamation reste tout aussi indispensable.

Quand envoyer la lettre de réclamation ?

Le timing est un élément crucial. La victime doit envoyer sa lettre de réclamation le plus rapidement possible après l’accident, idéalement dans les cinq jours ouvrés suivant le sinistre pour respecter le délai de déclaration prévu par la plupart des contrats d’assurance.

⚠️ Attention au délai de déclaration

La plupart des contrats d’assurance prévoient un délai de déclaration de 5 jours ouvrés à compter de la survenance du sinistre. Dépasser ce délai peut entraîner une déchéance de garantie. En cas d’accident corporel, il est recommandé d’envoyer la lettre en recommandé avec accusé de réception dès que l’état de santé de la victime le permet.

Cependant, il faut distinguer deux étapes :

  • La déclaration de sinistre : à envoyer dans les 5 jours, elle informe l’assureur de l’existence de l’accident.
  • La réclamation détaillée : elle peut intervenir plus tard, une fois que la victime dispose de tous les éléments médicaux, notamment après la consolidation et l’expertise médicale.

Pour les accidents corporels graves, il est fréquent que la réclamation définitive ne soit formulée que plusieurs mois, voire plusieurs années après l’accident. Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures.

⚖️ Article 2226 du Code civil

L’action en responsabilité née à raison d’un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé.

Les informations indispensables dans la lettre de réclamation

Pour être recevable et efficace, la lettre de réclamation adressée à l’assurance doit contenir un certain nombre d’informations essentielles. Une lettre incomplète sera un prétexte pour l’assureur de retarder le traitement du dossier.

Informations sur la victime

  • Nom, prénom, adresse complète
  • Date de naissance
  • Numéro de contrat d’assurance (si la réclamation est adressée à son propre assureur)
  • Numéro de sécurité sociale
  • Coordonnées téléphoniques et email

Informations sur l’accident

  • Date, heure et lieu précis de l’accident
  • Circonstances détaillées (description factuelle des événements)
  • Identité du ou des tiers impliqués et de leur assureur
  • Numéro du procès-verbal de police ou de gendarmerie (le cas échéant)
  • Références du constat amiable

Informations médicales

  • Nature des blessures constatées
  • Durée d’hospitalisation éventuelle
  • Certificat médical initial
  • Arrêts de travail
  • Traitements en cours (kinésithérapie, chirurgie, rééducation)
Faire établir un certificat médical détaillé

Le certificat médical initial est une pièce capitale du dossier. Il doit décrire précisément toutes les lésions constatées, même celles qui semblent mineures (douleurs cervicales, ecchymoses, choc psychologique). La victime ne doit pas hésiter à consulter un médecin dès le jour de l’accident, même si les douleurs semblent légères. Ce document servira de base à toute l’évaluation du calcul du préjudice corporel.

Demande formulée

La lettre doit clairement exprimer la demande : indemnisation des préjudices corporels, matériels et moraux subis. La victime peut également demander le versement d’une provision sur indemnisation en attendant la consolidation de ses blessures, surtout si les conséquences financières sont importantes (perte de revenus, frais médicaux non remboursés).

Modèle de lettre de réclamation à l’assurance après accident

Voici un modèle de lettre type, adaptable selon la nature de l’accident (circulation, accident de la vie, accident médical). Ce modèle doit être envoyé en recommandé avec accusé de réception.

💡 Modèle de lettre de réclamation – Accident corporel

[Prénom NOM]
[Adresse complète]
[Téléphone]
[Email]

[Nom de la compagnie d’assurance]
[Service Indemnisation / Sinistres corporels]
[Adresse de l’assureur]

À [Ville], le [Date]

Objet : Réclamation d’indemnisation suite à l’accident du [date de l’accident]
Références : Contrat n° [numéro] / Sinistre n° [numéro si connu]

Madame, Monsieur,

Par la présente, je me permets de porter à votre connaissance les circonstances de l’accident dont j’ai été victime le [date] à [lieu précis], afin de formuler une demande d’indemnisation au titre des préjudices corporels, matériels et moraux que j’ai subis.

Circonstances de l’accident :

[Décrire les faits de manière précise et factuelle : ce qui s’est passé, la position de chacun, les conditions météorologiques si pertinent, les éventuels témoins. Rester objectif, ne pas accuser directement mais exposer les faits.]

Conséquences corporelles :

À la suite de cet accident, j’ai été transporté(e) aux urgences de [nom de l’hôpital] où les médecins ont constaté les blessures suivantes : [lister les blessures constatées]. Un certificat médical initial a été établi le [date] par le Docteur [nom] (copie jointe).

Mon arrêt de travail a été prescrit du [date] au [date], soit une durée de [nombre] jours. Je suis actuellement suivi(e) par [kinésithérapeute / chirurgien / psychologue, etc.].

Préjudices subis :

Les préjudices résultant de cet accident sont les suivants :

  • Préjudice corporel : [blessures, séquelles prévisibles]
  • Préjudice matériel : [véhicule endommagé, objets détruits, vêtements, etc.]
  • Préjudice financier : perte de revenus pendant l’arrêt de travail, frais médicaux restés à charge
  • Souffrances endurées et préjudice moral
  • Préjudice d’agrément [si applicable]

En conséquence, je sollicite une indemnisation intégrale de l’ensemble de mes préjudices conformément au principe de réparation intégrale. Je me tiens à votre disposition pour toute expertise médicale que vous souhaiteriez organiser, et je demande à être accompagné(e) par un médecin-conseil de mon choix lors de cette expertise.

Dans l’attente de la consolidation de mes blessures, je sollicite également le versement d’une provision afin de faire face aux dépenses engagées.

Vous trouverez ci-joint les pièces justificatives suivantes : [voir liste ci-après].

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

[Signature]

Ce modèle est évidemment à adapter. D’autres modèles de lettres sont disponibles sur victime-info.fr pour des situations spécifiques : contestation d’une offre, demande de provision, saisine de la CIVI, etc.

Les pièces justificatives à joindre à la réclamation

La lettre de réclamation n’a de valeur que si elle est accompagnée de pièces justificatives solides. Plus le dossier est complet dès l’envoi, plus l’assureur aura de mal à temporiser.

Documents relatifs à l’accident

  • Copie du constat amiable ou du procès-verbal de police/gendarmerie
  • Photos du lieu de l’accident et des dégâts matériels
  • Témoignages écrits (attestations de témoins)
  • Rapport d’intervention des secours (pompiers, SAMU)

Documents médicaux

  • Certificat médical initial
  • Comptes-rendus d’hospitalisation
  • Ordonnances de soins et de médicaments
  • Arrêts de travail successifs
  • Comptes-rendus de kinésithérapie, d’IRM, de scanner
  • Rapport d’expertise médicale (si déjà réalisée)

Documents financiers

  • Factures de frais médicaux restés à charge
  • Justificatifs de perte de revenus (bulletins de salaire des 3 derniers mois avant l’accident)
  • Factures de réparation du véhicule ou devis de remplacement
  • Frais de déplacement (taxis, transport médicalisé)
  • Frais d’aide à domicile
Conserver toutes les factures et justificatifs

Il est impératif de conserver l’intégralité des factures, tickets de caisse, ordonnances et justificatifs de déplacement depuis le jour de l’accident. Ces documents serviront à prouver les frais engagés et à les faire rembourser. Il est conseillé de tenir un journal de bord notant au quotidien les douleurs, les gênes et l’impact de l’accident sur la vie courante : ce document sera précieux lors de l’expertise médicale.

Les différents postes de préjudice à réclamer

La lettre de réclamation doit idéalement mentionner les différents postes de préjudice dont la victime demande la réparation. La nomenclature Dintilhac, qui sert de référence en droit du dommage corporel français, distingue de nombreux postes de préjudice.

Les préjudices temporaires (avant consolidation)

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : il indemnise la gêne dans la vie quotidienne pendant la période de soins
  • Dépenses de santé actuelles : frais médicaux, paramédicaux, pharmaceutiques
  • Perte de gains professionnels actuels : salaires perdus pendant l’arrêt de travail
  • Frais divers : aide ménagère, frais de déplacement pour les soins, frais d’adaptation du logement

Les préjudices permanents (après consolidation)

📊 Indemnisation moyenne après accident corporel

Selon les données du référentiel Mornet et les décisions de justice, l’indemnisation d’un accident corporel avec séquelles modérées (taux d’AIPP entre 5 % et 15 %) se situe généralement entre 15 000 € et 80 000 €, tous postes de préjudice confondus. Pour les accidents graves (taux supérieur à 30 %), les indemnisations peuvent dépasser plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les pièges à éviter face à l’assureur

Les compagnies d’assurance disposent d’équipes spécialisées dont l’objectif premier est de minimiser le montant des indemnisations. La victime doit être particulièrement vigilante à certains pièges récurrents.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

La première offre d’indemnisation de l’assureur est presque systématiquement inférieure au préjudice réel. Selon les études disponibles, l’écart entre la première offre et l’indemnisation finale obtenue après négociation ou décision de justice peut aller de 30 % à 300 %. Il est impératif de ne pas signer trop vite. La victime dispose d’un droit de rétractation de 15 jours après acceptation d’une offre (article L211-16 du Code des assurances).

Signer un document sans le comprendre

L’assureur peut demander de signer des documents aux conséquences lourdes : quittance définitive, mandat de gestion, acceptation d’offre. La victime ne doit jamais signer un document sans l’avoir lu attentivement et, idéalement, sans l’avoir fait vérifier par un avocat spécialisé en dommages corporels ou par une association d’aide aux victimes.

Se rendre seul à l’expertise médicale de l’assureur

L’expertise médicale organisée par l’assureur est menée par un médecin expert désigné et payé par la compagnie. Ce médecin, bien que tenu à la déontologie, peut avoir tendance à minimiser les séquelles. La victime a le droit d’être assistée par un médecin-conseil de recours, indépendant de l’assureur.

Accepter une indemnisation avant consolidation

La consolidation est la date à partir de laquelle l’état de santé de la victime est considéré comme stabilisé, même s’il subsiste des séquelles permanentes. Accepter une offre d’indemnisation avant la consolidation, c’est risquer de ne pas être indemnisé pour des séquelles qui apparaîtront plus tard.

💡 Cas pratique : piège de l'offre rapide après un accident de voiture

Paul, 35 ans, est percuté à l’arrière lors d’un embouteillage. Il souffre d’un coup du lapin (whiplash). L’assureur du tiers responsable lui propose 2 500 € trois semaines après l’accident, avant même la fin des soins.

Paul, pressé de clore le dossier, est tenté d’accepter. Mais les douleurs cervicales persistent pendant 8 mois, nécessitent 40 séances de kinésithérapie et entraînent un déficit fonctionnel permanent de 3 %.

S’il avait accepté l’offre rapide, Paul aurait perdu la possibilité de réclamer l’indemnisation de ses souffrances endurées (environ 4 000 €), de son DFT (environ 3 500 €) et de son déficit fonctionnel permanent (environ 5 000 à 8 000 €). Au total, son préjudice réel se situe autour de 15 000 à 18 000 €, soit 6 à 7 fois l’offre initiale.

Comment contester ou négocier une offre d’indemnisation insuffisante ?

Lorsque l’assureur formule une offre que la victime juge insuffisante, plusieurs options s’offrent à elle. Il ne faut jamais considérer une offre d’assurance comme une décision définitive : la négociation fait partie intégrante du processus.

La contestation amiable par courrier

La première étape consiste à adresser un courrier de contestation motivé à l’assureur, en recommandé avec accusé de réception. Un modèle de lettre pour contester une offre d’indemnisation est disponible sur victime-info.fr. La lettre doit détailler les postes de préjudice sous-évalués, en s’appuyant sur le référentiel Mornet et les exemples d’indemnisation en dommage corporel.

La saisine du médiateur de l’assurance

Si la négociation directe échoue, la victime peut saisir le médiateur de l’assurance. Cette procédure est gratuite et permet d’obtenir un avis indépendant sur le litige. Le médiateur dispose de 90 jours pour formuler sa proposition.

L’action en justice

En dernier recours, la victime peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la réparation intégrale de son préjudice. Le juge n’est pas lié par les barèmes de l’assureur et peut accorder des montants nettement supérieurs.

L'aide juridictionnelle pour les victimes

La victime dont les ressources sont modestes peut bénéficier de l’aide juridictionnelle, qui prend en charge tout ou partie des frais d’avocat et de justice. Cette aide est accordée sous conditions de revenus et peut être demandée au bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire compétent.

Cas particuliers : adapter la lettre de réclamation selon le type d’accident

Le modèle de lettre présenté plus haut est général. Selon le type d’accident, certaines spécificités doivent être prises en compte.

Accident de la circulation

Pour un accident de la route, la loi Badinter protège particulièrement les piétons, les cyclistes et les passagers. La lettre doit mentionner le statut de la victime (conducteur, passager, piéton, cycliste) car les règles d’indemnisation varient. Les passagers et piétons bénéficient d’un droit à indemnisation quasi automatique, sauf faute inexcusable.

Accident médical

En cas d’erreur médicale ou chirurgicale, la réclamation peut être adressée directement à l’assureur du praticien ou de l’établissement de santé. La victime peut également saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI), une procédure gratuite et plus rapide que l’action en justice.

Agression

Lorsque le dommage corporel résulte d’une agression, l’indemnisation ne passe pas par l’assureur du responsable (qui est souvent insolvable) mais par la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI). Un modèle de lettre de saisine de la CIVI est disponible sur le site.

📊 Délai moyen de traitement d'un dossier

Le délai moyen pour obtenir une offre d’indemnisation définitive de la part d’un assureur est de 12 à 24 mois pour un accident corporel avec séquelles modérées. En cas de contentieux judiciaire, la procédure peut durer de 2 à 5 ans. D’où l’importance de démarrer les démarches le plus tôt possible et de ne rien négliger dans la lettre de réclamation initiale.

Accident de la vie courante

Pour un accident domestique, un accident de sport, un accident de bricolage ou une morsure de chien, la réclamation peut être adressée à l’assureur du responsable (assurance responsabilité civile) ou à son propre assureur au titre de la GAV. La lettre doit identifier clairement le responsable et le fondement juridique de la demande.

L’accompagnement de la victime dans ses démarches

Rédiger une lettre de réclamation et gérer un dossier d’indemnisation corporelle est une démarche complexe. La victime n’a pas à affronter seule les compagnies d’assurance. Plusieurs professionnels et structures peuvent l’accompagner.

L’avocat spécialisé en dommages corporels

Un avocat spécialisé en droit du dommage corporel connaît les techniques de négociation avec les assureurs et maîtrise les barèmes d’indemnisation. Son intervention permet souvent de multiplier par 2 à 5 le montant de l’indemnisation obtenue par rapport à une négociation sans assistance.

Le médecin-conseil de recours

Lors de l’expertise médicale, la présence d’un médecin-conseil de recours, choisi par la victime, est indispensable pour garantir une évaluation juste des séquelles. Ce médecin défend les intérêts de la victime face au médecin mandaté par l’assureur.

Les associations d’aide aux victimes

Des associations comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, offrent un accompagnement gratuit : information sur les droits, orientation vers les professionnels compétents, aide à la constitution du dossier.

📞 Besoin d'aide pour rédiger la réclamation ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), aide gratuitement les victimes d’accidents à comprendre leurs droits et à constituer leur dossier d’indemnisation. Ne restez pas seul face à l’assureur.

Checklist avant d’envoyer la lettre de réclamation

Avant de poster la lettre en recommandé avec accusé de réception, voici les points à vérifier :

📌 Les 10 points à vérifier avant l'envoi

  1. La lettre est adressée au bon service (sinistres corporels, pas sinistres auto matériels)
  2. Les coordonnées complètes de la victime sont mentionnées
  3. La date, le lieu et les circonstances de l’accident sont décrits précisément
  4. Les références du dossier (numéro de contrat, numéro de sinistre) sont indiquées
  5. Le certificat médical initial est joint
  6. Les arrêts de travail sont joints
  7. Les factures et justificatifs de frais sont joints (en copies)
  8. La lettre mentionne explicitement la demande d’indemnisation de tous les postes de préjudice
  9. Une provision est demandée si nécessaire
  10. La lettre est envoyée en recommandé avec accusé de réception

Il est également conseillé de consulter le guide des premiers réflexes après un accident pour s’assurer qu’aucune étape n’a été oubliée en amont de la lettre de réclamation.

FAQ – Lettre de réclamation à l’assurance après un accident

Questions fréquentes


Quel est le délai pour envoyer une lettre de réclamation à l'assurance après un accident ?

La déclaration de sinistre doit être envoyée dans les 5 jours ouvrés suivant l’accident. La réclamation détaillée, quant à elle, peut intervenir plus tard, une fois que la victime dispose de tous les éléments médicaux. Le délai de prescription pour agir en indemnisation d’un dommage corporel est de 10 ans à compter de la date de consolidation des blessures (article 2226 du Code civil).


La lettre de réclamation doit-elle obligatoirement être envoyée en recommandé ?

La loi n’impose pas l’envoi en recommandé. Cependant, il est très fortement recommandé d’utiliser l’envoi en recommandé avec accusé de réception (LRAR). Ce mode d’envoi constitue une preuve de la date d’envoi et de la réception du courrier par l’assureur, ce qui peut être déterminant en cas de litige sur les délais.


Peut-on envoyer la lettre de réclamation par email ?

Il est possible de doubler l’envoi postal par un email, mais le courrier recommandé reste le support juridiquement le plus solide. Certains assureurs acceptent les déclarations en ligne via leur espace client, mais pour une réclamation corporelle, le courrier recommandé est préférable car il laisse une trace incontestable.


Que faire si l'assureur ne répond pas à la lettre de réclamation ?

Si l’assureur ne répond pas dans un délai raisonnable (environ 2 mois), la victime peut envoyer une lettre de mise en demeure. En cas d’accident de la circulation, l’assureur a l’obligation légale de formuler une offre dans les 8 mois. Le non-respect de ce délai entraîne des pénalités (intérêts au double du taux légal). La victime peut aussi saisir le médiateur de l’assurance ou engager une action en justice.


Faut-il un avocat pour envoyer une lettre de réclamation à l'assurance ?

Un avocat n’est pas obligatoire pour envoyer la lettre de réclamation. Cependant, pour les accidents corporels avec des séquelles significatives, l’accompagnement d’un avocat spécialisé en dommages corporels est vivement recommandé. Son expertise permet d’évaluer correctement l’ensemble des préjudices et de négocier efficacement avec l’assureur. La victime peut aussi se faire accompagner gratuitement par une association comme l’AVF via la permanence de victime-info.fr.


Peut-on demander une provision dans la lettre de réclamation ?

Oui, la victime peut et devrait demander le versement d’une provision dans sa lettre de réclamation. La provision est un acompte sur l’indemnisation finale, versé avant la consolidation des blessures. Elle permet de faire face aux dépenses urgentes (frais médicaux, perte de revenus). Un modèle de lettre de demande de provision est disponible sur victime-info.fr.


Conclusion

La lettre de réclamation à l’assurance après un accident est bien plus qu’une simple formalité administrative. C’est le premier acte concret de la victime pour faire valoir ses droits à indemnisation. Rédigée avec soin, accompagnée des bonnes pièces justificatives et envoyée dans les délais, elle pose les bases d’une procédure d’indemnisation réussie.

La victime ne doit jamais perdre de vue le principe fondamental du droit français : la réparation intégrale du préjudice. Cela signifie que chaque poste de préjudice — corporel, matériel, moral, financier — doit être indemnisé à sa juste valeur. L’assureur n’a pas pour vocation d’aider la victime : son intérêt est de payer le moins possible.

Se faire accompagner par des professionnels compétents (avocat, médecin-conseil, association) est le meilleur moyen d’obtenir une indemnisation juste et complète.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les victimes d’accidents dans leurs démarches d’indemnisation. Ne signez rien sans avoir consulté un professionnel.

Témoignages

Bon alors moi apres mon accident de voiture j’avais envoyé un simple mail à l’assurance en pensant que ca suffirait.. grosse erreur. 3 mois sans réponse. C’est en tombant sur victime-info.fr que j’ai compris qu’il fallait faire un recommandé avec toutes les pièces. J’ai repris mon dossier depuis zéro avec le modèle de lettre du site et là ca a bougé en 3 semaines. Au final j’ai eu 23 000€ alors que la première proposition c’était 6 000€.. faut pas lâcher

— Christophe, 48 ans, accident de la route

Franchement je savais pas du tout comment m’y prendre pour écrire à l’assurance. Un ami m’a dit de prendre un avocat direct mais j’avais pas les moyens. J’ai trouvé ce site qui explique tout étape par étape, j’ai utilisé le modèle de lettre et j’ai adapté à mon cas. L’assureur a proposé 4000€ au début, j’ai refusé comme c’était expliqué ici et on a negocié à 11 500€. C’est pas fini car j’ai pas encore consolidé mais ça aide vachement

— Amina, 29 ans, victime d'un accident de vélo

Honnêtement j’étais perdu.. je me suis cassé le col du fémur en glissant dans un supermarché et je pensais que c’était ma faute. Sur victime-info j’ai appris que le magasin était responsable et que je pouvais reclamer à leur assurance. J’ai envoyé la lettre recommandée avec le certificat medical et tout. Ca a mis du temps (presque 1 an) mais au bout du compte j’ai eu 35 000€ d’indemnisation. Merci pour les modeles de lettres c’est vraiment utile quand on connait rien au juridique

— Michel, 56 ans, chute dans un commerce