Un score de Glasgow à 4 traduit un coma profond avec une atteinte cérébrale extrêmement grave. La victime ne présente quasiment aucune réponse motrice, verbale ou oculaire. Dans la grande majorité des cas, ce score correspond à un état neurovégétatif (ou état de conscience minimale), avec un pronostic vital souvent engagé et des séquelles neurologiques majeures, voire définitives. Pour les proches de la victime, cette situation représente un véritable bouleversement, tant sur le plan humain que financier et juridique.
Ce guide détaillé a pour objectif d’expliquer ce que signifie précisément un Glasgow 4, quelles sont les conséquences médicales et juridiques, comment se déroule l’indemnisation d’un dommage corporel de cette gravité, et quelles démarches entreprendre pour faire valoir les droits de la victime. Le site victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne les familles confrontées à ces situations extrêmes.
Un score de Glasgow à 4 correspond à un coma profond. La victime est dans un état neurovégétatif ou de conscience minimale. L’indemnisation peut atteindre plusieurs millions d’euros compte tenu de la gravité exceptionnelle des séquelles. La mise sous tutelle est quasi systématique.
Sommaire
- Comprendre le score de Glasgow 4
- État neurovégétatif et état de conscience minimale
- Causes les plus fréquentes d’un Glasgow 4
- Tutelle et mesure de protection juridique
- L’expertise médicale : une étape déterminante
- Les postes de préjudice indemnisables
- Montants d’indemnisation pour un Glasgow 4
- Procédures d’indemnisation
- Les droits des proches de la victime
- Questions fréquentes
Comprendre le score de Glasgow à 4
L’échelle de Glasgow (Glasgow Coma Scale ou GCS) est un outil médical utilisé par les équipes de secours et les réanimateurs pour évaluer le niveau de conscience d’une personne victime d’un traumatisme crânien ou d’une atteinte cérébrale. Elle se décompose en trois paramètres :
- Ouverture des yeux (E) : notée de 1 à 4
- Réponse verbale (V) : notée de 1 à 5
- Réponse motrice (M) : notée de 1 à 6
Le score total va de 3 (coma le plus profond) à 15 (conscience normale). Un score de Glasgow à 4 se situe donc juste au-dessus du minimum absolu. Concrètement, la victime peut présenter par exemple :
- E1 (aucune ouverture des yeux) + V1 (aucune réponse verbale) + M2 (extension anormale)
- Ou E2 (ouverture des yeux à la douleur) + V1 + M1 (aucune réponse motrice)
Un Glasgow compris entre 3 et 8 est classé comme traumatisme crânien grave. Un score de 4 se situe dans la catégorie la plus sévère, avec un pronostic très réservé. La classification internationale distingue : TC léger (GCS 13-15), TC modéré (GCS 9-12), TC grave (GCS 3-8).
À titre de comparaison, un Glasgow 12 correspond à un traumatisme modéré avec des réponses partiellement préservées, tandis qu’un Glasgow 14 indique un traumatisme léger. Un Glasgow 4 se situe à l’extrémité la plus grave du spectre.
État neurovégétatif et état de conscience minimale
Lorsque le coma initial évolue, la victime présentant un Glasgow 4 peut se stabiliser dans deux états distincts :
L’état végétatif chronique (EVC)
L’état végétatif chronique, aussi appelé état neurovégétatif, se caractérise par l’absence totale de conscience de soi et de l’environnement. La victime présente des cycles veille-sommeil, peut ouvrir les yeux spontanément, mais ne manifeste aucun signe de conscience. Les fonctions vitales (respiration, circulation) sont maintenues, souvent avec une assistance partielle.
L’état de conscience minimale (ECM)
L’état de conscience minimale représente une évolution légèrement plus favorable. La victime montre des signes intermittents et reproductibles de conscience : poursuite visuelle, réponse à une commande simple, réaction émotionnelle adaptée. Ces signes restent cependant fluctuants et limités.
L’état neurovégétatif ou de conscience minimale consécutif à un Glasgow 4 peut se prolonger pendant de très longues années. La victime nécessite une prise en charge médicale et paramédicale lourde, 24 heures sur 24. Les coûts de cette prise en charge sont considérables et doivent être intégralement pris en compte dans le calcul de l’indemnisation.
Causes les plus fréquentes d’un Glasgow 4
Un score de Glasgow à 4 résulte le plus souvent d’un traumatisme violent ou d’un accident médical grave. Les principales causes sont :
Les accidents de la route
Les accidents de la circulation constituent la première cause de traumatismes crâniens graves en France. Collision frontale, accident de moto, piéton renversé, cycliste percuté : les chocs violents au niveau de la tête peuvent provoquer un coma profond avec un Glasgow initial très bas. L’indemnisation relève alors de la loi Badinter du 5 juillet 1985, qui offre un cadre protecteur aux victimes.
Les agressions
Une agression avec coups portés à la tête, une tentative de meurtre ou un acte de violence grave peuvent entraîner un traumatisme crânien sévère. La victime peut alors se constituer partie civile et déposer plainte. En cas d’auteur insolvable ou non identifié, la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) peut être saisie.
Les accidents médicaux
Une anoxie cérébrale lors d’une intervention chirurgicale, un arrêt cardiaque mal pris en charge ou une complication médicale grave peuvent conduire à un état neurovégétatif. L’indemnisation peut passer par la CCI (ancienne CRCI) ou par la voie judiciaire.
Les accidents de la vie courante
Chute d’une grande hauteur, noyade avec anoxie prolongée, accident domestique grave : ces situations peuvent également provoquer un coma profond avec un Glasgow à 4.
Un homme de 32 ans est victime d’un accident de moto. Il est retrouvé inconscient sur la chaussée. Le score de Glasgow initial est évalué à 4 par le SAMU. Après plusieurs semaines de réanimation, son état se stabilise en état de conscience minimale. Il ne peut plus communiquer, se déplacer, ni réaliser aucun acte de la vie quotidienne. Sa conjointe entame des démarches de mise sous tutelle et contacte un avocat spécialisé en dommages corporels. L’indemnisation prendra en compte l’ensemble des préjudices subis, y compris la tierce personne permanente, pour un montant total dépassant 3 millions d’euros.
Tutelle et mesure de protection juridique
Lorsqu’une victime se trouve en état neurovégétatif ou de conscience minimale, elle est dans l’incapacité totale d’exprimer sa volonté et de gérer ses affaires. La mise en place d’une mesure de protection juridique est alors indispensable.
La tutelle : la mesure la plus courante pour un Glasgow 4
La tutelle est la mesure de protection la plus complète. Elle est prononcée par le juge des tutelles du tribunal judiciaire lorsque la personne est dans l’impossibilité de pourvoir seule à ses intérêts en raison d’une altération médicalement constatée de ses facultés mentales ou corporelles. Le tuteur (souvent un proche ou un mandataire judiciaire) représente la victime dans tous les actes de la vie civile, y compris les procédures d’indemnisation.
Qui peut demander la mise sous tutelle ?
- Le conjoint, le partenaire de PACS ou le concubin
- Un membre de la famille (parents, enfants, frères et sœurs)
- Le procureur de la République
- Toute personne entretenant des liens étroits et stables avec la victime
Sans mesure de tutelle, aucune procédure d’indemnisation ne peut être valablement menée au nom de la victime en état neurovégétatif. Il est essentiel d’engager cette démarche le plus rapidement possible après l’accident, afin de ne pas retarder les demandes de provisions et les démarches auprès de l’assureur ou du tribunal.
L’expertise médicale : une étape déterminante
L’expertise médicale est l’étape centrale du processus d’indemnisation. Pour un Glasgow 4, elle revêt une importance capitale car elle conditionne l’évaluation de l’ensemble des postes de préjudice.
Le choix du médecin expert
Il est crucial que la victime (représentée par son tuteur) soit assistée par un médecin conseil de victimes, indépendant de l’assureur. Le médecin expert judiciaire désigné par le tribunal procède à l’examen de la victime. Mais l’assureur dispose aussi de son propre médecin conseil, dont les intérêts divergent nécessairement de ceux de la victime.
Le déroulement de l’expertise
Le déroulement de l’expertise médicale pour un Glasgow 4 est spécifique. La victime étant dans l’impossibilité de communiquer, l’expert s’appuie sur :
- Le dossier médical complet (imagerie, comptes rendus de réanimation, bilans neurologiques)
- Les témoignages des soignants et de l’entourage
- L’examen clinique neurologique
- Les évaluations fonctionnelles réalisées en service spécialisé
La consolidation
La consolidation est la date à laquelle l’état de la victime est considéré comme stabilisé, sans amélioration ni aggravation prévisible. Pour un état neurovégétatif, la consolidation intervient généralement entre 2 et 5 ans après l’accident, selon l’évolution neurologique. Cette date est déterminante car elle sépare les préjudices temporaires des préjudices permanents.
Les enjeux financiers d’un dossier de Glasgow 4 sont considérables (souvent plusieurs millions d’euros). Se présenter sans médecin conseil à l’expertise, c’est laisser le médecin de l’assureur minimiser les séquelles. Le tuteur de la victime doit impérativement mandater un médecin conseil spécialisé en dommage corporel neurologique.
Les postes de préjudice indemnisables
L’indemnisation d’une victime en état neurovégétatif (Glasgow 4) couvre l’ensemble des postes de préjudice définis par la nomenclature Dintilhac. Compte tenu de la gravité extrême de l’atteinte, chaque poste est évalué à son maximum. Le principe de réparation intégrale du préjudice s’applique pleinement.
Préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation)
- Dépenses de santé actuelles (DSA) : frais médicaux, hospitalisation, rééducation, appareillage
- Frais divers : déplacements de la famille, frais de tutelle, honoraires du médecin conseil
- Pertes de gains professionnels actuels (PGPA) : perte totale de revenus depuis l’accident
- Tierce personne temporaire : besoin d’aide humaine 24h/24, souvent évalué à plus de 8 000 € par mois
Préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation)
- Dépenses de santé futures (DSF) : frais médicaux à vie, incluant les séjours en unité spécialisée EVC-EPR
- Frais de logement adapté : adaptation complète du domicile si retour à domicile, ou coût d’hébergement en structure spécialisée
- Tierce personne permanente : assistance humaine 24h/24, 365 jours par an — c’est le poste le plus important financièrement
- Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) : perte totale et définitive de capacité de travail
- Incidence professionnelle : perte de droits à la retraite, impossibilité d’évolution de carrière
Préjudices extrapatrimoniaux temporaires
- Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : évalué en classe 4 (DFT total) pour un Glasgow 4
- Souffrances endurées (pretium doloris) : cotées à 7/7, le maximum de l’échelle, compte tenu de la gravité du traumatisme
Préjudices extrapatrimoniaux permanents
- Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : évalué entre 95 % et 100 %, ce qui traduit la perte quasi totale de toutes les fonctions
- Préjudice esthétique permanent : souvent coté 6/7 à 7/7 (appareillage, immobilité, déformations éventuelles)
- Préjudice d’agrément : perte totale de toute activité de loisir, de sport, de vie sociale
- Préjudice sexuel : perte totale de vie intime et de toute possibilité de procréation
- Préjudice d’établissement : impossibilité de fonder une famille ou de mener une vie de couple
Le principe de réparation intégrale du préjudice impose que la victime soit indemnisée poste par poste, sans limitation forfaitaire, de manière à être replacée dans la situation qui aurait été la sienne si l’accident ne s’était pas produit. Ce principe, consacré par la jurisprudence de la Cour de cassation, s’applique avec une force particulière pour les victimes en état neurovégétatif, dont les besoins sont considérables et permanents.
Montants d’indemnisation pour un Glasgow 4
L’indemnisation d’une victime en état neurovégétatif fait partie des dossiers les plus importants en dommage corporel. Les montants sont très élevés en raison de la gravité extrême des séquelles et des besoins permanents de la victime.
L’indemnisation totale pour une victime en état neurovégétatif (Glasgow 4) se situe généralement entre 2 500 000 € et 8 000 000 €, voire davantage pour une victime jeune avec des revenus importants. Le poste de tierce personne à vie représente à lui seul souvent plus de 50 % du montant total.
Détail des principaux postes (ordres de grandeur)
- Tierce personne permanente (24h/24) : entre 1 500 000 € et 5 000 000 € selon l’âge de la victime et le mode de capitalisation des indemnités futures
- Déficit fonctionnel permanent (95-100 %) : entre 300 000 € et 600 000 € selon l’âge (référentiels indicatifs : Mornet 2022)
- Souffrances endurées (7/7) : entre 50 000 € et 80 000 €
- Pertes de gains professionnels futurs : variable selon la carrière, potentiellement plusieurs centaines de milliers d’euros
- Frais de logement adapté ou d’hébergement : coût d’une structure EVC-EPR souvent supérieur à 150 000 € par an
- Préjudice d’agrément, sexuel, d’établissement : entre 30 000 € et 100 000 € chacun
L’importance de la capitalisation
Pour les postes de préjudice qui s’étendent sur toute la vie future de la victime (tierce personne, dépenses de santé futures, perte de revenus), l’indemnisation est calculée par capitalisation. Le choix du barème de capitalisation (barème de la Gazette du Palais, barème Bousquet, etc.) a un impact considérable sur le montant final. La différence entre deux barèmes peut représenter plusieurs centaines de milliers d’euros.
Dans un dossier de Glasgow 4, les enjeux financiers sont considérables pour l’assureur. Les compagnies d’assurance emploient des stratégies multiples pour réduire l’indemnisation : sous-évaluation des besoins en tierce personne, contestation de la date de consolidation, choix d’un barème de capitalisation défavorable, proposition de rente plutôt que de capital. Il est impératif de ne jamais accepter la première offre et de se faire accompagner par un avocat spécialisé en dommages corporels.
Le tuteur de la victime peut obtenir une première estimation des montants en utilisant le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr. Cette estimation ne remplace pas l’avis d’un avocat spécialisé.
Procédures d’indemnisation
Plusieurs voies de recours sont envisageables pour obtenir l’indemnisation d’une victime en état neurovégétatif.
La procédure amiable
En matière d’accident de la route, la loi Badinter impose à l’assureur du responsable de faire une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident. Toutefois, pour un Glasgow 4, la procédure amiable est rarement satisfaisante : les offres des assureurs sont systématiquement très en deçà de la juste indemnisation. La négociation amiable peut néanmoins permettre d’obtenir des provisions rapidement, en attendant la consolidation.
La procédure judiciaire
La saisine du tribunal judiciaire est généralement recommandée pour les dossiers de Glasgow 4. Le juge applique le principe de réparation intégrale et n’est pas lié par les barèmes des assureurs. Le référentiel Mornet est couramment utilisé par les magistrats comme outil d’aide à l’évaluation.
La CIVI (Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions)
Si le Glasgow 4 résulte d’une agression, la victime (via son tuteur) peut saisir la CIVI pour obtenir une indemnisation intégrale, même si l’auteur est inconnu ou insolvable.
Le FGAO (Fonds de Garantie)
En cas d’accident de la route causé par un conducteur non assuré ou non identifié (délit de fuite), le FGAO intervient pour indemniser la victime.
La CCI (accident médical)
Lorsque l’état neurovégétatif résulte d’un accident médical, la CCI peut être saisie. Elle permet une procédure plus rapide que la voie judiciaire, mais les indemnisations proposées par l’ONIAM sont parfois inférieures à celles obtenues devant les tribunaux.
La victime (ou son tuteur) dispose d’un délai de 10 ans à compter de la date de consolidation pour agir en indemnisation (article 2226 du Code civil). Pour un Glasgow 4, la consolidation pouvant intervenir plusieurs années après l’accident, le délai effectif est souvent très long. Il est néanmoins recommandé de ne pas attendre et d’engager les démarches le plus tôt possible.
Le recours subrogatoire des organismes sociaux
Il faut savoir que les organismes sociaux (Sécurité sociale, mutuelle, prévoyance) qui ont versé des prestations à la victime disposent d’un droit de recours subrogatoire. Cela signifie qu’ils peuvent récupérer une partie des sommes versées par l’assureur du responsable. Ce mécanisme doit être parfaitement maîtrisé pour éviter que l’indemnisation de la victime ne soit amputée de manière injustifiée.
Les droits des proches de la victime
L’entourage d’une victime en état neurovégétatif subit un préjudice considérable. La jurisprudence reconnaît aux proches le droit à une indemnisation propre, distincte de celle de la victime directe.
Le préjudice d’affection
Le préjudice d’affection (ou préjudice moral) indemnise la souffrance psychologique des proches face à l’état de la victime. Pour un état neurovégétatif, les montants se rapprochent de ceux accordés en cas de décès, car les proches font face à un « deuil blanc » — la victime est physiquement présente mais ne peut plus communiquer ni interagir.
Le préjudice d’accompagnement
Ce poste de préjudice indemnise le bouleversement de la vie quotidienne des proches : visites régulières en structure spécialisée, participation aux soins, charge mentale et émotionnelle permanente, impossibilité de mener une vie normale.
Les pertes de revenus des proches
Un conjoint ou un parent qui réduit ou cesse son activité professionnelle pour accompagner la victime peut prétendre à l’indemnisation de ses pertes de revenus.
Pour un Glasgow 4 (état neurovégétatif), le préjudice d’affection est généralement indemnisé entre 30 000 € et 50 000 € pour le conjoint, entre 20 000 € et 40 000 € pour chaque enfant, et entre 15 000 € et 30 000 € pour les parents et la fratrie. Le préjudice d’accompagnement peut représenter des montants supplémentaires significatifs.
Une femme de 28 ans est victime d’un accident de la route (collision avec un poids lourd). Glasgow initial : 4. Après 3 ans de prise en charge, la consolidation est prononcée en état de conscience minimale. Le DFP est fixé à 98 %. L’indemnisation globale se décompose ainsi :
— Tierce personne permanente (24h/24 jusqu’au terme de l’espérance de vie) : 3 800 000 €
— DFP 98 % : 450 000 €
— Souffrances endurées 7/7 : 65 000 €
— Pertes de gains professionnels futurs : 420 000 €
— Frais d’hébergement spécialisé : capitalisés à 1 200 000 €
— Préjudice sexuel, d’agrément, d’établissement : 120 000 €
— Préjudice des proches (conjoint + 2 enfants + parents) : 180 000 €
— Total brut avant recours des tiers payeurs : environ 6 235 000 €
Ce cas illustre l’importance d’une défense rigoureuse et d’un calcul poste par poste conforme au principe de réparation intégrale.
Conseils pratiques pour les familles confrontées à un Glasgow 4
Face à une situation aussi dramatique, les familles se trouvent souvent désemparées. Voici les démarches prioritaires à engager :
- Faire constater l’état de la victime par un certificat médical détaillé dès l’hospitalisation
- Demander la mise sous tutelle auprès du juge des tutelles le plus rapidement possible
- Consulter un avocat spécialisé en dommage corporel — les fondamentaux du droit du dommage corporel sont complexes et les enjeux financiers considérables
- Mandater un médecin conseil de victimes indépendant de l’assureur
- Demander une provision à l’assureur ou au juge des référés — les besoins financiers sont immédiats et importants
- Conserver tous les justificatifs de dépenses liées à l’état de la victime (frais de déplacement, hébergement, aménagements, etc.)
- Ne rien signer sans l’avis préalable de l’avocat, en particulier les offres d’indemnisation de l’assureur
Les associations d’aide aux victimes, comme l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), partenaire de victime-info.fr, proposent un accompagnement gratuit aux familles. Elles peuvent orienter vers les professionnels compétents (avocats spécialisés, médecins conseils) et aider dans les démarches administratives et juridiques.
Les indemnités de provision : une urgence financière
Dans un dossier de Glasgow 4, les besoins financiers sont immédiats et considérables. La victime nécessite une prise en charge lourde dès les premiers jours. L’attente de l’indemnisation définitive — qui peut prendre plusieurs années — n’est pas compatible avec ces besoins urgents.
Il est possible d’obtenir des provisions sur indemnisation de plusieurs manières :
- Auprès de l’assureur : une demande de provision peut être adressée directement, en s’appuyant sur la gravité manifeste de l’état. Un modèle de lettre est disponible sur le site.
- En référé judiciaire : le juge des référés peut ordonner le versement de provisions très importantes (100 000 € à 500 000 € ne sont pas rares dans ces dossiers) dans un délai de quelques semaines.
- Auprès du FGAO ou de la CIVI : ces organismes peuvent également verser des provisions.
1. Engager la procédure de tutelle sans délai
2. Mandater un avocat spécialisé en dommages corporels
3. Obtenir des provisions rapidement (référé ou demande amiable)
4. Faire assister la victime par un médecin conseil indépendant
5. Ne jamais accepter une offre d’indemnisation sans conseil professionnel
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Que signifie un score de Glasgow à 4 ?
Un score de Glasgow à 4 indique un coma profond avec des réponses neurologiques extrêmement limitées. La victime ne présente quasiment aucune réaction motrice, verbale ou oculaire. Ce score se situe juste au-dessus du minimum (3/15) et correspond à un traumatisme crânien très grave, souvent associé à un état neurovégétatif.
Peut-on guérir d'un Glasgow 4 ?
La récupération après un Glasgow 4 est extrêmement rare et généralement partielle. Certaines victimes peuvent évoluer vers un état de conscience minimale avec des signes intermittents de conscience, mais le retour à une vie normale est exceptionnellement improbable. La prise en charge médicale vise à maintenir les fonctions vitales, prévenir les complications et offrir un confort de vie maximal.
Combien de temps dure la procédure d'indemnisation pour un Glasgow 4 ?
La procédure complète d’indemnisation pour un Glasgow 4 dure généralement entre 3 et 7 ans. La consolidation n’intervient souvent que 2 à 5 ans après l’accident. Des provisions peuvent cependant être obtenues beaucoup plus rapidement (quelques semaines en référé) pour couvrir les besoins urgents de la victime et de sa famille.
Qui gère l'indemnisation d'une victime en état neurovégétatif ?
La victime en état neurovégétatif étant dans l’incapacité d’exprimer sa volonté, c’est son tuteur (désigné par le juge des tutelles) qui la représente dans toutes les démarches d’indemnisation. Le tuteur est généralement un membre de la famille. Il agit sous le contrôle du juge des tutelles et doit rendre des comptes de gestion.
Les proches d'une victime en Glasgow 4 ont-ils droit à une indemnisation ?
Oui. Les proches (conjoint, enfants, parents, fratrie) d’une victime en état neurovégétatif ont droit à une indemnisation personnelle au titre du préjudice d’affection et du préjudice d’accompagnement. Les montants varient selon le lien de parenté et les circonstances, mais peuvent atteindre 30 000 à 50 000 € pour le conjoint et 20 000 à 40 000 € par enfant.
Quel est le montant moyen d'indemnisation pour un Glasgow 4 ?
L’indemnisation globale pour une victime en état neurovégétatif se situe généralement entre 2 500 000 € et 8 000 000 €, voire davantage. Le montant dépend principalement de l’âge de la victime (qui détermine la durée de capitalisation), de ses revenus antérieurs et du mode de prise en charge (domicile ou institution). Le poste de tierce personne permanente représente souvent plus de la moitié du montant total.
Les dossiers de Glasgow 4 et d’état neurovégétatif sont parmi les plus complexes en droit du dommage corporel. La permanence de victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), peut orienter les familles vers les professionnels les plus compétents : avocats spécialisés, médecins conseils de victimes, structures d’accueil adaptées.
Témoignages
— Laurent, 52 ans, père d'une victime de la routeMon fils a eu un accident de voiture il y a 3 ans, Glasgow 4 à l’arrivée du SAMU. Honnêtement les premiers mois c’était le chaos total, on savait pas quoi faire, l’assurance nous a envoyé des papiers à signer on comprenait rien.. heureusement on a trouvé un avocat spécialisé grâce à victime-info.fr et tout a changé. La provision en référé nous a permis de respirer un peu financièrement en attendant. Aujourd’hui notre fils est en structure EVC, l’indemnisation finale est pas encore terminée mais on se bat.
— Émilie, 36 ans, épouse d'une victimeBon je vais essayer de résumer mais c’est difficile.. mon mari a été agressé ya 2 ans et demi, coups à la tête, glasgow 4 pendant plusieurs semaines. Aujourd’hui il est en état de conscience minimale. J’ai du arrêter de travailler, faire la tutelle, gérer les enfants seule.. franchement sans le site victime-info j’aurais jamais su que les proches aussi avaient le droit à une indemnisation. On a saisi la CIVI et on a déjà obtenu une provision de 150 000€ en attendant la suite. C’est pas fini mais au moins on avance.
— Patrick, 64 ans, grand-père concernéMa petite fille de 19 ans a eu un accident médical pendant une opération, anoxie cérébrale, glasgow descendu à 4. L’hopital nous a dit que c’était une complication normale mais on a appris que c’était pas normal du tout.. la CCI a reconnu la faute. Les montants dont on parle c’est des millions vu quelle est jeune et que les besoins c’est pour toute la vie. Je dis ça pour ceux qui sont dans cette situation faut pas lacher, faut se battre et surtout se faire accompagner par des vrais pros du dommage corporel.



