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Fracture du crâne : indemnisation complète, séquelles et démarches pour les victimes

La fracture du crâne constitue l’un des traumatismes les plus graves qu’une personne puisse subir. Qu’elle résulte d’un accident de la route, d’une chute, d’une agression avec violence ou d’un accident de la vie courante, cette blessure peut entraîner des séquelles lourdes et durables. La victime d’une fracture crânienne a le droit d’obtenir une indemnisation couvrant l’ensemble de ses préjudices, à condition de connaître les démarches à suivre et les pièges à éviter.

Ce guide détaille les différents types de fractures du crâne, les séquelles possibles, les montants d’indemnisation auxquels la personne blessée peut prétendre, ainsi que le déroulement de l’expertise médicale. Il présente aussi les erreurs fréquentes et les conseils pratiques pour obtenir une réparation intégrale du préjudice corporel.

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L’association partenaire AVF (Association d’Aide aux Victimes de France) accompagne gratuitement les victimes dans leurs démarches d’indemnisation.

Sommaire

Les différents types de fractures du crâne

Le crâne est composé de plusieurs os (frontal, pariétal, temporal, occipital) qui protègent le cerveau. Lors d’un choc violent, un ou plusieurs de ces os peuvent se fracturer. La gravité de la blessure varie considérablement selon le type de fracture et la zone touchée.

La fracture linéaire

Il s’agit du type de fracture le plus fréquent. L’os se fissure sans déplacement. Dans la majorité des cas, la fracture linéaire ne nécessite pas d’intervention chirurgicale et guérit d’elle-même en quelques semaines. Elle peut toutefois s’accompagner d’un traumatisme crânien plus ou moins sévère.

La fracture avec embarrure

L’embarrure crânienne se caractérise par l’enfoncement d’un fragment osseux vers l’intérieur du crâne. Ce type de fracture est particulièrement dangereux car le fragment peut comprimer ou léser le cerveau. Une intervention chirurgicale est souvent nécessaire pour relever ou retirer le fragment enfoncé.

La fracture ouverte (ou fracture-plaie)

La fracture ouverte implique une rupture de la peau et parfois des méninges. Le risque d’infection est alors très élevé (méningite, abcès cérébral). Ce type de fracture constitue une urgence neurochirurgicale absolue.

La fracture de la base du crâne

Cette fracture touche la partie inférieure du crâne. Elle peut affecter les os temporaux, le sphénoïde ou l’os ethmoïde. Les signes caractéristiques sont un écoulement de liquide céphalo-rachidien par le nez (rhinorrhée) ou par l’oreille (otorrhée), ainsi que des ecchymoses autour des yeux (signe du raton laveur) ou derrière les oreilles (signe de Battle).

📌 Les 4 types de fractures du crâne

Fracture linéaire : fissure simple, la plus fréquente, souvent sans chirurgie.
Fracture avec embarrure : enfoncement osseux, chirurgie fréquente, risque de lésion cérébrale.
Fracture ouverte : rupture de la peau, urgence chirurgicale, risque infectieux majeur.
Fracture de la base du crâne : zone inférieure, risque d’atteinte des nerfs crâniens et de fuite de liquide céphalo-rachidien.

Séquelles et conséquences d’une fracture crânienne

Les séquelles d’une fracture du crâne dépendent de la localisation, de la gravité du traumatisme et de la présence éventuelle de lésions cérébrales associées. Une fracture du crâne ne se limite pas à une atteinte osseuse : elle s’accompagne très souvent d’un traumatisme crânien dont les conséquences peuvent être dévastatrices.

Séquelles neurologiques

Les lésions cérébrales associées à la fracture peuvent provoquer des troubles du comportement, des difficultés de concentration, des pertes de mémoire et une fatigue chronique invalidante. Dans les cas les plus graves, des paralysies partielles ou une aphasie (troubles du langage) peuvent persister.

Épilepsie post-traumatique

La fracture du crâne constitue un facteur de risque important d’épilepsie post-traumatique. Les crises peuvent apparaître dans les jours suivant l’accident ou se manifester plusieurs mois, voire plusieurs années, après le traumatisme. Ce risque est particulièrement élevé en cas de fracture avec embarrure ou de fracture ouverte.

Troubles sensoriels

Une fracture de la base du crâne peut endommager les nerfs crâniens, entraînant une perte de l’odorat (anosmie) ou du goût (agueusie), des troubles visuels (diplopie, baisse d’acuité visuelle) ou encore une surdité partielle ou totale.

Syndrome post-commotionnel

Même après une fracture linéaire considérée comme « simple », un syndrome post-commotionnel peut persister pendant des mois. Il se manifeste par des maux de tête chroniques, des vertiges, une hypersensibilité au bruit et à la lumière, des troubles du sommeil et une irritabilité.

Séquelles esthétiques et cicatricielles

Les interventions chirurgicales (craniectomie, pose de plaque) laissent fréquemment des cicatrices visibles sur le cuir chevelu. Une déformation crânienne résiduelle peut aussi subsister. Ces atteintes constituent un préjudice esthétique indemnisable.

⚠️ Le handicap invisible de la fracture du crâne

De nombreuses séquelles d’une fracture crânienne sont invisibles : fatigue chronique, troubles cognitifs, difficultés de concentration, irritabilité. Ces séquelles, souvent sous-évaluées par les médecins experts des compagnies d’assurance, constituent pourtant un handicap invisible qui altère gravement la qualité de vie. Il est essentiel de les faire documenter par un neuropsychologue avant l’expertise médicale.

Indemnisation : les postes de préjudice concernés

L’indemnisation d’une fracture du crâne repose sur la nomenclature Dintilhac, qui recense l’ensemble des postes de préjudice corporel indemnisables. Pour une fracture crânienne, de nombreux postes sont généralement mobilisés.

Les préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation)

  • Dépenses de santé actuelles (DSA) : hospitalisation, chirurgie, rééducation, médicaments, consultations spécialisées (neurologie, neuropsychologie, ORL).
  • Frais divers (FD) : transport médical, aide ménagère temporaire, aménagement provisoire du logement.
  • Pertes de gains professionnels actuels (PGPA) : salaires perdus pendant la période d’arrêt de travail, y compris les primes et heures supplémentaires habituelles.

Les préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation)

  • Dépenses de santé futures (DSF) : traitement antiépileptique à vie, suivi neurologique, prothèses auditives, etc.
  • Pertes de gains professionnels futurs (PGPF) : perte de revenus définitive si la victime ne peut plus exercer son métier.
  • Incidence professionnelle (IP) : pénibilité accrue au travail, déclassement professionnel, perte de chance de promotion.
  • Tierce personne : aide humaine nécessaire au quotidien pour les actes de la vie courante.

Les préjudices extra-patrimoniaux

  • Déficit fonctionnel temporaire (DFT) : gêne dans la vie quotidienne entre l’accident et la consolidation.
  • Déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP) : séquelles définitives après consolidation, évaluées en pourcentage.
  • Souffrances endurées (pretium doloris) : douleurs physiques et morales subies, évaluées sur une échelle de 1 à 7.
  • Préjudice esthétique : cicatrices, déformation crânienne, alopécie cicatricielle.
  • Préjudice d’agrément : impossibilité ou difficulté de pratiquer des activités sportives et de loisirs.
  • Préjudice sexuel : perte de libido, difficultés relationnelles liées aux troubles neurologiques.
⚖️ Nomenclature Dintilhac — Postes de préjudice corporel

La nomenclature Dintilhac, utilisée par les tribunaux et les assureurs depuis 2005, liste l’ensemble des postes de préjudice corporel indemnisables. Pour une fracture du crâne, il convient de vérifier que chaque poste est évalué lors de l’expertise médicale, afin de garantir le principe de réparation intégrale du préjudice (article 1240 du Code civil).

Les préjudices des proches (victimes par ricochet)

Les proches d’une personne ayant subi une fracture crânienne grave peuvent également être indemnisés. Le préjudice d’affection compense la souffrance morale des membres de la famille face au handicap de leur proche. L’indemnisation des pertes de revenus d’un proche est aussi possible si un membre de la famille a dû réduire son activité professionnelle pour assister la victime.

Montants d’indemnisation pour une fracture du crâne

Les montants d’indemnisation varient considérablement en fonction de la gravité de la fracture, de l’âge de la victime, des séquelles résiduelles et du contexte de l’accident. Il est possible de donner des ordres de grandeur à titre indicatif, mais chaque dossier est unique.

📊 Fourchettes d'indemnisation selon la gravité

Fracture linéaire simple sans séquelles majeures : 5 000 à 25 000 € (tous postes confondus).
Fracture avec embarrure et séquelles neurologiques modérées (DFP 10-25 %) : 50 000 à 200 000 €.
Fracture grave avec lésions cérébrales sévères (DFP 30-70 %) : 200 000 à 1 500 000 €.
Fracture du crâne avec état végétatif ou pauci-relationnel : 1 000 000 à plus de 5 000 000 €.

Indemnisation du déficit fonctionnel permanent (DFP)

Le taux de DFP attribué lors de l’expertise médicale est déterminant dans le calcul de l’indemnisation. Le référentiel Mornet, utilisé par les cours d’appel, fixe la valeur du point d’incapacité en fonction de l’âge de la victime et du taux retenu.

Pour consulter les barèmes en vigueur, la page dédiée au barème AIPP permet de comprendre le mécanisme de calcul.

💡 Cas pratique : fracture du crâne avec embarrure après un accident de moto

Marc, 35 ans, chauffeur-livreur, est victime d’un accident de moto. Il subit une fracture du crâne avec embarrure temporale gauche, nécessitant une intervention chirurgicale en urgence. Après 3 mois d’hospitalisation et 6 mois de rééducation, les séquelles sont les suivantes : épilepsie post-traumatique contrôlée par traitement, troubles de la mémoire, fatigue chronique, cicatrice crânienne visible de 12 cm.

Évaluation médico-légale :
– DFP : 25 %
– Souffrances endurées : 5/7
– Préjudice esthétique : 3/7
– DFT total : 3 mois — DFT partiel classe 3 : 6 mois

Indemnisation obtenue (après procédure judiciaire) :
– DFP (25 %, 35 ans) : environ 125 000 €
– Souffrances endurées 5/7 : 30 000 €
– Préjudice esthétique 3/7 : 8 000 €
– DFT : 12 500 €
– Pertes de gains professionnels (actuels + futurs capitalisés) : 280 000 €
– Tierce personne temporaire : 15 000 €
– Incidence professionnelle : 40 000 €
– Préjudice d’agrément : 15 000 €
– Frais divers : 8 500 €
Total : environ 534 000 €
La première offre de l’assureur s’élevait à 95 000 €, soit plus de 5 fois moins que l’indemnisation finale.

Le rôle du score de Glasgow

Le score de Glasgow, mesuré à l’arrivée aux urgences, évalue le niveau de conscience de la victime sur une échelle de 3 à 15. Plus le score est bas, plus le traumatisme est grave. Un score de Glasgow à 11 ou moins témoigne d’un traumatisme crânien modéré à sévère, ce qui influence directement l’évaluation des séquelles et le montant de l’indemnisation.

Score de Glasgow et indemnisation

Le score de Glasgow initial est un élément déterminant dans le dossier d’indemnisation. Il figure dans le compte-rendu des urgences et permet de qualifier objectivement la gravité du traumatisme. Il est essentiel de conserver précieusement ce document pour l’expertise médicale.

L’expertise médicale : étape clé de l’indemnisation

L’expertise médicale est le moment décisif du processus d’indemnisation. C’est lors de cette expertise que sont évalués tous les postes de préjudice. Pour une fracture du crâne, la préparation de l’expertise est particulièrement importante car les séquelles neurologiques sont souvent sous-estimées.

L’expertise amiable par le médecin de l’assureur

Dans un premier temps, la compagnie d’assurance mandate son propre médecin expert pour évaluer les séquelles de la victime. Ce médecin, payé par l’assureur, a naturellement tendance à minimiser les préjudices. Il est indispensable de ne jamais se rendre seul à cette expertise.

Le rôle du médecin conseil de victimes

La personne blessée a le droit de se faire assister par un médecin conseil indépendant, spécialisé dans la défense des victimes. Ce professionnel connaît la nomenclature Dintilhac et veille à ce que chaque séquelle soit correctement évaluée. Son intervention est particulièrement cruciale pour les fractures du crâne, car les séquelles cognitives et comportementales échappent souvent à un examen médical rapide.

L’expertise judiciaire

Si l’expertise amiable ne donne pas satisfaction, la victime peut demander une expertise judiciaire devant le tribunal. Le juge désigne alors un expert indépendant. Le déroulement de l’expertise médicale suit un protocole précis et contradictoire.

⚠️ Se faire assister lors de l'expertise est indispensable

Dans le cas d’une fracture du crâne, ne jamais se rendre à une expertise médicale sans être accompagné d’un médecin conseil de victimes. Les séquelles cognitives (mémoire, concentration, fatigue) et les troubles du comportement sont souvent sous-évalués par les médecins experts des assureurs. Un bilan neuropsychologique récent est un document indispensable à apporter le jour de l’expertise.

Les examens complémentaires indispensables

Pour documenter les séquelles d’une fracture crânienne, plusieurs examens doivent figurer au dossier médical :

  • IRM et scanner cérébral : indispensables pour objectiver les lésions osseuses et cérébrales.
  • Bilan neuropsychologique : évalue précisément les fonctions cognitives (mémoire, attention, fonctions exécutives).
  • EEG (électroencéphalogramme) : en cas d’épilepsie post-traumatique suspectée ou avérée.
  • Bilan ORL : en cas de surdité ou de troubles de l’équilibre.
  • Bilan ophtalmologique : en cas de troubles visuels.
📞 Préparer son expertise médicale

Un dossier médical complet et bien organisé est la clé d’une expertise réussie. La page dédiée à la constitution du dossier explique comment rassembler toutes les pièces nécessaires.

Les démarches pour obtenir une indemnisation

Les démarches d’indemnisation varient selon le contexte de l’accident ayant causé la fracture du crâne. La nature de l’événement détermine les procédures applicables et les interlocuteurs.

Fracture du crâne après un accident de la route

L’indemnisation est régie par la loi Badinter du 5 juillet 1985. La victime (piéton, cycliste, passager, conducteur non fautif) bénéficie d’un régime protecteur. L’assureur du véhicule responsable doit faire une offre d’indemnisation dans un délai de 8 mois à compter de l’accident. Le procès-verbal de police est un document essentiel pour établir les circonstances.

Fracture du crâne suite à une agression

La victime peut saisir la justice au pénal et demander l’indemnisation de son préjudice corporel devant le tribunal correctionnel. Si l’auteur est insolvable ou non identifié, la personne blessée peut saisir la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI) pour obtenir une indemnisation par le Fonds de Garantie (FGTI). Un avocat spécialisé en droit des victimes d’agression est vivement recommandé.

Fracture du crâne lors d’un accident de la vie courante

En l’absence de tiers responsable (chute à domicile, accident domestique), l’indemnisation dépend de l’existence d’une garantie accidents de la vie (GAV) souscrite par la victime. Si un tiers est en cause (chute sur un trottoir défectueux, accident dans un hôtel), la responsabilité du tiers peut être engagée sur le fondement du Code civil.

⚖️ Loi Badinter n° 85-677 du 5 juillet 1985

La loi Badinter instaure un régime d’indemnisation favorable aux victimes d’accidents de la circulation. Les piétons, cyclistes et passagers sont indemnisés de plein droit, sauf s’ils ont volontairement recherché le dommage. Le conducteur est indemnisé sauf en cas de faute de conduite ayant contribué à la réalisation du dommage.

Fracture du crâne en cas d’accident médical

Si la fracture résulte d’une chute dans un établissement de santé (en postopératoire par exemple) ou d’un accident médical, la victime peut engager la responsabilité du médecin ou de l’établissement. En cas d’aléa thérapeutique, la saisine de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) est envisageable.

Les erreurs à éviter face à l’assureur

L’indemnisation d’une fracture du crâne représente souvent des sommes considérables. Les compagnies d’assurance déploient des stratégies bien rodées pour limiter les montants versés. Connaître ces pièges permet de s’en protéger.

⚠️ Ne jamais accepter la première offre de l'assureur

La première offre d’indemnisation proposée par une compagnie d’assurance est presque toujours très inférieure au montant réellement dû. Comme illustré dans le cas pratique ci-dessus, l’écart peut aller de 1 à 5, voire davantage. Il est impératif de ne pas signer de protocole transactionnel sans avoir fait analyser l’offre par un professionnel (avocat spécialisé ou association d’aide aux victimes).

Les erreurs les plus fréquentes

  • Accepter l’offre trop vite : signer un protocole transactionnel est définitif et interdit toute réclamation ultérieure.
  • Se rendre seul à l’expertise : le médecin de l’assureur minimise systématiquement les séquelles s’il n’y a pas de contradicteur.
  • Ne pas faire de bilan neuropsychologique : les troubles cognitifs non documentés sont ignorés lors de l’expertise.
  • Oublier des postes de préjudice : beaucoup de victimes ignorent qu’elles peuvent être indemnisées pour le préjudice d’agrément, le préjudice sexuel ou l’incidence professionnelle.
  • Ne pas conserver les preuves : factures, certificats médicaux, arrêts de travail, attestations de proches doivent être soigneusement archivés.
L'accompagnement par un professionnel fait la différence

Les statistiques montrent que les victimes accompagnées par un avocat spécialisé en dommages corporels obtiennent en moyenne 2 à 5 fois plus que celles qui négocient seules avec l’assureur. L’aide d’une association comme l’AVF (Association d’Aide aux Victimes de France), partenaire de victime-info.fr, permet aussi d’être orienté vers les bons interlocuteurs et d’éviter les pièges.

Délais de prescription et calendrier

Les démarches d’indemnisation sont encadrées par des délais de prescription stricts. Les dépasser signifie perdre définitivement le droit à indemnisation.

⚖️ Article 2226 du Code civil

En matière de dommage corporel, le délai de prescription est de 10 ans à compter de la date de consolidation de la blessure (ou de la date de l’accident si la consolidation n’est pas encore acquise). Pour les victimes mineures au moment de l’accident, le délai ne commence à courir qu’à partir de leur majorité.

Le calendrier type d’indemnisation

Pour une fracture du crâne avec séquelles, le processus d’indemnisation suit généralement les étapes suivantes :

  • Phase 1 — Soins et rééducation : quelques semaines à plusieurs mois selon la gravité. La rééducation peut durer longtemps.
  • Phase 2 — Consolidation : moment où les séquelles sont considérées comme stabilisées (souvent 12 à 24 mois après l’accident pour une fracture crânienne).
  • Phase 3 — Expertise médicale : réalisée après consolidation.
  • Phase 4 — Négociation ou procédure : 3 à 12 mois en amiable, 12 à 36 mois en cas de procédure judiciaire.
  • Phase 5 — Indemnisation définitive : versement de l’indemnité après accord ou jugement.

Pendant toute la durée du processus, la victime peut solliciter le versement d’une provision (avance sur indemnisation) pour faire face aux frais courants.

📊 Durée moyenne du processus d'indemnisation

Pour une fracture du crâne avec séquelles modérées à sévères, la durée totale entre l’accident et l’indemnisation définitive est généralement de 2 à 5 ans. En procédure amiable, les délais sont plus courts (18 mois à 3 ans). Devant les tribunaux, il faut compter 3 à 5 ans, voire davantage en cas d’appel.

Fracture du crâne chez l’enfant

Les fractures du crâne chez l’enfant présentent des particularités qui influencent directement l’indemnisation. Le cerveau en développement est particulièrement vulnérable et les conséquences d’un traumatisme crânien chez l’enfant peuvent ne se révéler que progressivement, au fil de la croissance et des apprentissages.

Des séquelles qui peuvent apparaître tardivement

Chez l’enfant, les troubles cognitifs consécutifs à une fracture crânienne peuvent ne devenir apparents qu’à l’entrée au collège ou au lycée, lorsque les exigences intellectuelles augmentent. Des difficultés d’apprentissage, des troubles de l’attention ou des retards scolaires peuvent ainsi apparaître des années après l’accident.

Indemnisation majorée et protection du mineur

L’indemnisation d’un enfant victime d’une fracture du crâne est généralement plus importante car elle doit prendre en compte l’ensemble du retentissement sur sa vie future : scolarité, formation professionnelle, insertion dans la vie active. Les fonds sont consignés à la Caisse des Dépôts et Consignations jusqu’à la majorité de l’enfant.

Consolidation différée chez l'enfant

Pour un enfant victime d’une fracture crânienne, la consolidation peut être repoussée à la fin de la croissance (16-18 ans), voire au-delà, afin d’évaluer correctement l’ensemble des séquelles. Le délai de prescription de 10 ans ne commence à courir qu’à partir de la majorité de l’enfant (article 2235 du Code civil).

Questions fréquentes sur la fracture du crâne et l’indemnisation

Questions fréquentes


Quel est le montant moyen d'indemnisation pour une fracture du crâne ?

Le montant varie considérablement selon la gravité. Une fracture linéaire simple sans séquelles majeures peut donner lieu à une indemnisation de 5 000 à 25 000 €. Une fracture avec embarrure et séquelles neurologiques modérées (DFP 10-25 %) se situe entre 50 000 et 200 000 €. En cas de séquelles graves (DFP supérieur à 30 %), l’indemnisation peut dépasser 500 000 € et atteindre plusieurs millions d’euros dans les cas les plus sévères. Ces montants incluent tous les postes de préjudice (douleurs, perte de revenus, tierce personne, etc.).


Quelles sont les séquelles les plus fréquentes après une fracture du crâne ?

Les séquelles les plus courantes sont les maux de tête chroniques, la fatigue, les troubles de la mémoire et de la concentration, l’épilepsie post-traumatique, les troubles de l’humeur (irritabilité, dépression) et les troubles sensoriels (perte d’odorat, troubles visuels, surdité). En cas de lésion cérébrale associée, des troubles du langage, des paralysies ou des troubles du comportement peuvent persister. L’ensemble de ces séquelles est indemnisable.


Faut-il un avocat pour être indemnisé après une fracture du crâne ?

Il n’est pas obligatoire de faire appel à un avocat pour la procédure amiable avec l’assureur. Cependant, compte tenu de la complexité de l’évaluation des séquelles d’une fracture crânienne et des montants en jeu, l’accompagnement par un avocat spécialisé en dommages corporels est très fortement recommandé. Les victimes accompagnées obtiennent en moyenne 2 à 5 fois plus que celles qui négocient seules. En cas de procédure judiciaire, l’avocat devient indispensable.


Combien de temps dure le processus d'indemnisation pour une fracture du crâne ?

Le processus dépend de la gravité des séquelles et de la voie choisie (amiable ou judiciaire). La consolidation intervient généralement 12 à 24 mois après l’accident. Ensuite, la négociation amiable dure 3 à 12 mois, et la procédure judiciaire 12 à 36 mois supplémentaires. Au total, il faut compter 2 à 5 ans entre l’accident et l’indemnisation définitive. Pendant cette période, il est possible de demander des provisions (avances sur indemnisation).


Peut-on être indemnisé si la fracture du crâne est due à une chute sans tiers responsable ?

Si aucun tiers n’est responsable de l’accident (chute à domicile, accident domestique), l’indemnisation dépend de la souscription préalable d’une garantie accidents de la vie (GAV) ou d’un contrat d’assurance similaire. Ce contrat couvre les préjudices corporels graves en l’absence de tiers responsable. Il est important de vérifier les conditions de son contrat. Si un tiers est en cause (défaut d’entretien d’un trottoir, responsabilité d’un établissement), la responsabilité de ce tiers peut être engagée.


Comment préparer l'expertise médicale après une fracture crânienne ?

La préparation de l’expertise est essentielle. Il convient de rassembler l’ensemble du dossier médical (comptes-rendus d’hospitalisation, IRM, scanner, bilan neuropsychologique, ordonnances), les preuves des préjudices (arrêts de travail, factures, attestations de proches) et un récapitulatif des doléances (liste détaillée de toutes les difficultés rencontrées au quotidien). Se faire accompagner par un médecin conseil de victimes est très vivement recommandé pour défendre ses intérêts face au médecin expert.


Conclusion : obtenir une indemnisation juste après une fracture du crâne

La fracture du crâne est un traumatisme grave qui peut bouleverser durablement la vie d’une personne. Les séquelles, souvent invisibles, affectent la mémoire, la concentration, l’humeur et la capacité de travail. L’indemnisation doit couvrir l’ensemble de ces préjudices pour permettre à la victime de reconstruire sa vie dans les meilleures conditions possibles.

Le principe de réparation intégrale du préjudice garantit à chaque victime le droit d’être indemnisée pour tous les postes de préjudice subis. Mais ce droit ne se concrétise que si la victime connaît ses droits, prépare correctement son dossier et se fait accompagner par des professionnels compétents.

Le site victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), propose un accompagnement gratuit pour aider les personnes blessées à comprendre leurs droits et à entreprendre les démarches nécessaires. Pour toute question sur l’indemnisation d’une fracture du crâne, il est possible de contacter la permanence d’aide aux victimes.

📞 Besoin d'accompagnement ?

La permanence de victime-info.fr est disponible pour répondre aux questions des victimes de fracture du crâne et de leurs proches. L’orientation vers un avocat spécialisé en dommages corporels ou un médecin conseil de victimes est gratuite.

Témoignages

Bon moi ça fait maintenant 3 ans que j’ai eu mon accident, un automobiliste m’a percuté à vélo et j’ai tapé la tête sur le trottoir.. fracture temporale avec embarrure, 2 semaines de coma. L’assurance m’a proposé 45 000€ au départ, j’ai failli accepter tellement j’étais fatigué des démarches. Au final avec l’aide de l’avocat que victime-info.fr m’a orienté vers, j’ai obtenu 320 000€. Ça paie pas ma santé d’avant mais au moins c’est plus juste. Franchement renseignez vous avant de signer quoi que ce soit

— Christophe, 42 ans, fracture du crâne après accident de vélo

Mon fils est tombé d’un toboggan dans un parc de jeux, fracture du crane linéaire. On nous a dit c’est pas grave ça va guerir tout seul. Sauf que 2 ans après il avait des problèmes de concentration à l’école et des maux de tête. J’ai trouvé ce site qui expliquait qu’il fallait faire un bilan neuropsy et qu’on pouvait être indemnisé si le toboggan était défectueux. C’est ce qu’on a fait et l’expertise a montré un défaut de sécurité de l’équipement. On est en cours de procédure mais ça avance bien

— Amina, 29 ans, maman d'un enfant de 4 ans

Honnêtement j’ai été agressé ya 18 mois, coup de barre de fer sur la tête, fracture ouverte du crane. L’agresseur a été condamné mais il a pas un sou. Je savais meme pas que la CIVI existait avant de tomber sur le site victime-info. J’ai fait ma demande au FGTI et j’ai touché une provision de 15 000€ en attendant l’expertise définitive. C’est long les démarches mais au moins je sais que je serai indemnisé correctement. Merci pour les infos claires parce que le juridique c’est vraiment un labyrinthe quand on y connait rien

— Philippe, 55 ans, victime d'agression