Un traumatisme crânien chez l’enfant constitue l’une des situations les plus délicates en matière de dommage corporel et d’indemnisation. Le cerveau de l’enfant est en plein développement, et les séquelles d’un choc crânien peuvent ne se révéler que des mois, voire des années après l’accident. Troubles de l’attention, difficultés scolaires, changements de comportement, épilepsie post-traumatique : les conséquences sont souvent sous-estimées au moment de l’accident.
La particularité de l’indemnisation d’un enfant victime d’un traumatisme crânien réside dans l’impossibilité de mesurer immédiatement l’étendue réelle du préjudice. Un enfant de 5 ans qui subit un traumatisme crânien modéré ne présente pas les mêmes conséquences mesurables qu’un adulte, car les impacts sur sa scolarité, sa vie professionnelle future et son autonomie ne sont pas encore connus. C’est pourquoi le droit français prévoit des mécanismes de protection spécifiques pour garantir la réparation intégrale du préjudice de l’enfant victime.
Ce guide complet détaille les droits de l’enfant victime d’un traumatisme crânien, les démarches à engager par ses représentants légaux, le déroulement de l’expertise médicale, les postes de préjudice indemnisables et les pièges à éviter pour protéger son avenir. La permanence de victime-info.fr, partenaire de l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne les familles dans ces situations complexes.
- Les spécificités du traumatisme crânien chez l’enfant
- Les causes fréquentes de traumatisme crânien chez l’enfant
- Séquelles et handicap invisible chez l’enfant
- L’expertise médicale de l’enfant victime
- Les postes de préjudice indemnisables
- La protection juridique de l’indemnisation de l’enfant
- Démarches et stratégie d’indemnisation
- Les erreurs à éviter pour les parents
- Questions fréquentes
Les spécificités du traumatisme crânien chez l’enfant
Le traumatisme crânien de l’enfant se distingue fondamentalement de celui de l’adulte sur plusieurs plans. Le cerveau d’un enfant est en cours de maturation. Les connexions neuronales se développent progressivement jusqu’à l’âge de 25 ans environ. Un choc crânien survenant pendant cette période de développement peut perturber des fonctions cognitives qui n’étaient pas encore pleinement établies.
- Plasticité cérébrale : le cerveau de l’enfant peut compenser certaines lésions, mais cette plasticité a des limites souvent surestimées
- Séquelles différées : les troubles peuvent apparaître des années après l’accident, au moment où le cerveau est sollicité davantage (entrée au collège, apprentissages complexes)
- Évaluation complexe : il est impossible de mesurer l’incidence professionnelle ou le déficit fonctionnel permanent définitif tant que l’enfant n’est pas adulte
- Préjudice scolaire : poste de préjudice spécifique aux enfants, correspondant au retard ou à l’échec scolaire
Contrairement à une idée reçue, la plasticité cérébrale de l’enfant ne signifie pas que le cerveau se répare seul. Les neurosciences ont démontré que si certaines fonctions peuvent être compensées par d’autres zones du cerveau, cette compensation se fait souvent au détriment d’autres apprentissages. Un enfant qui mobilise des ressources cérébrales pour compenser une lésion frontale aura moins de ressources disponibles pour les apprentissages scolaires, les interactions sociales ou la gestion des émotions.
En France, environ 30 000 enfants par an sont hospitalisés pour un traumatisme crânien. Parmi eux, 10 à 15 % conservent des séquelles cognitives significatives à long terme. Les chutes représentent la première cause chez les moins de 5 ans, les accidents de la route chez les plus de 10 ans.
Les causes fréquentes de traumatisme crânien chez l’enfant
Les circonstances de l’accident déterminent en grande partie les voies d’indemnisation possibles. Selon la cause du traumatisme crânien, les démarches et les responsables ne sont pas les mêmes.
Les accidents de la route
L’enfant peut être victime d’un accident en tant que piéton, passager d’un véhicule, cycliste ou utilisateur de trottinette. La loi Badinter du 5 juillet 1985 protège particulièrement les enfants de moins de 16 ans : ils sont considérés comme des victimes non conductrices et bénéficient d’un droit à indemnisation quasi automatique, sauf faute inexcusable de leur part (ce qui est rarissime pour un enfant).
Les victimes de moins de seize ans sont indemnisées des dommages résultant des atteintes à leur personne, quelles que soient les circonstances de l’accident. Leur faute éventuelle ne peut pas leur être opposée, sauf si elles ont volontairement recherché le dommage.
En cas de délit de fuite ou de véhicule non identifié, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) prend en charge l’indemnisation de l’enfant.
Les accidents scolaires
Un traumatisme crânien peut survenir à l’école, pendant la récréation, en cours d’éducation physique ou lors d’une sortie scolaire. La responsabilité de l’Éducation nationale peut être engagée en cas de défaut de surveillance. L’indemnisation d’un accident scolaire suit des règles spécifiques et implique souvent l’assurance scolaire souscrite par les parents.
Les accidents de sport et de loisirs
Le ski, le vélo, l’équitation, la natation (plongeon) et les sports de contact sont des causes fréquentes de traumatisme crânien chez l’enfant. Selon les cas, la responsabilité du club sportif, de l’encadrant, d’un tiers ou du gestionnaire de l’installation peut être recherchée.
Les chutes dans un lieu public ou un commerce
Une chute dans un lieu public ou un commerce (supermarché, restaurant, parc de jeux) peut engager la responsabilité du propriétaire ou de l’exploitant au titre du défaut d’entretien ou de sécurité. Les accidents dans les parcs d’attractions relèvent de la même logique.
Lorsque l’enfant se blesse seul (chute dans un escalier à domicile, accident de vélo sans tiers impliqué), il n’existe pas de tiers responsable. L’indemnisation accident de la vie passe alors par la garantie accidents de la vie (GAV), si les parents en ont souscrit une. Il est donc essentiel de vérifier tous les contrats d’assurance du foyer.
Les agressions et maltraitances
Un enfant peut subir un traumatisme crânien à la suite d’une agression, de violences physiques ou de maltraitance. Le syndrome du bébé secoué, notamment, provoque des lésions cérébrales gravissimes. L’indemnisation passe alors par la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infractions (CIVI). En cas de violences conjugales auxquelles l’enfant est exposé, ses droits propres à indemnisation existent également.
Séquelles et handicap invisible chez l’enfant
Le traumatisme crânien de l’enfant est tristement connu pour générer ce que les spécialistes appellent un handicap invisible. L’enfant n’est pas en fauteuil roulant, il marche, il parle, il semble « normal » aux yeux de l’entourage. Pourtant, les séquelles sont bien réelles et impactent profondément sa vie quotidienne.
Les troubles cognitifs
Les séquelles cognitives du traumatisme crânien chez l’enfant se manifestent souvent par :
- Troubles de l’attention et de la concentration : l’enfant ne parvient plus à suivre un cours entier, se disperse facilement
- Troubles de la mémoire : difficulté à retenir les leçons, oublis fréquents
- Ralentissement du traitement de l’information : l’enfant met plus de temps à comprendre et à réagir
- Troubles des fonctions exécutives : difficulté à planifier, organiser, s’adapter à de nouvelles situations
- Fatigue cognitive intense : l’enfant est épuisé après une journée d’école alors qu’il ne l’était pas avant
Léo, 8 ans, est renversé par une voiture en sortant de l’école. Il est hospitalisé avec un score de Glasgow à 11, diagnostiqué comme un traumatisme crânien modéré. Après quelques semaines, il semble aller mieux physiquement. Mais à la rentrée suivante, ses résultats scolaires chutent brutalement. Il n’arrive plus à se concentrer, il est irritable, il pleure pour un rien. Ses parents pensent qu’il fait des caprices. En réalité, les séquelles cognitives et comportementales du traumatisme crânien se révèlent avec l’augmentation des exigences scolaires. Un bilan neuropsychologique complet confirme des troubles attentionnels et exécutifs nécessitant un suivi spécialisé.
Les troubles du comportement et les conséquences psychologiques
L’enfant ayant subi un traumatisme crânien peut présenter des changements de personnalité, une irritabilité accrue, des crises de colère disproportionnées, une désinhibition sociale, une tendance à l’isolement ou au contraire une agitation permanente. Ces troubles comportementaux sont fréquemment confondus avec des troubles psychologiques préexistants ou des « phases » de l’enfance, ce qui retarde leur prise en charge et leur reconnaissance comme séquelles du traumatisme.
L’épilepsie post-traumatique
L’épilepsie post-traumatique constitue une complication fréquente du traumatisme crânien de l’enfant. Elle peut apparaître dans les jours qui suivent l’accident (épilepsie précoce) ou plusieurs mois, voire plusieurs années après (épilepsie tardive). Cette séquelle a des conséquences considérables sur la vie scolaire, sociale et, à terme, professionnelle de l’enfant.
Chez l’enfant, certaines séquelles du traumatisme crânien ne se révèlent qu’au moment où le cerveau est davantage sollicité : passage au collège, apprentissage de l’abstraction, adolescence. Il est impératif de ne pas clôturer définitivement le dossier d’indemnisation trop tôt. Le mécanisme de la réserve médicale et de la consolidation différée permet de protéger les droits de l’enfant.
L’expertise médicale de l’enfant victime d’un traumatisme crânien
L’expertise médicale est l’étape clé de toute procédure d’indemnisation. Pour un enfant victime d’un traumatisme crânien, cette expertise présente des particularités importantes.
Expertise initiale et expertises de suivi
Contrairement à un adulte dont l’état peut être consolidé en quelques mois, un enfant victime d’un traumatisme crânien nécessite souvent plusieurs expertises étalées dans le temps. L’expert médical va évaluer l’état de l’enfant à un instant T, mais recommandera généralement une réévaluation à des étapes clés de son développement : entrée au collège, adolescence, entrée dans la vie active.
Le déroulement de l’expertise médicale avec un enfant implique :
- Un entretien avec les parents pour reconstituer l’historique médical et les changements constatés
- Un examen clinique adapté à l’âge de l’enfant
- L’analyse des bilans neuropsychologiques réalisés
- L’examen des résultats scolaires avant et après l’accident
- L’évaluation des preuves d’imagerie médicale (IRM, scanner)
La famille de l’enfant victime a le droit d’être assistée par son propre médecin conseil indépendant, aussi appelé médecin de recours. Ce professionnel, spécialisé en évaluation du dommage corporel, accompagne l’enfant et ses parents lors de l’expertise et veille à ce que toutes les séquelles soient correctement identifiées et évaluées. C’est d’autant plus crucial pour un enfant, car les séquelles cognitives sont souvent minimisées par le médecin mandaté par l’assureur.
La consolidation différée : protéger l’avenir
La consolidation est le moment où l’état de santé de la victime est stabilisé, sans aggravation ni amélioration prévisible. Chez l’enfant, fixer la consolidation est un exercice délicat. Deux approches existent :
- Consolidation provisoire : l’expert fixe un état à un moment donné, avec réévaluation prévue ultérieurement. L’enfant reçoit une indemnisation partielle, le solde étant versé après consolidation définitive.
- Consolidation différée à la majorité ou à la fin des études : l’expert repousse la consolidation pour évaluer l’impact réel du traumatisme sur la vie adulte de la victime.
Dans les deux cas, des demandes de provisions peuvent être formulées pour financer les soins, la rééducation et l’accompagnement de l’enfant pendant toute la durée de non-consolidation.
L’action en responsabilité née à raison d’un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage. Pour un mineur, le délai de prescription ne commence à courir qu’à compter de sa majorité, ce qui laisse à l’enfant victime jusqu’à ses 28 ans pour agir.
Les postes de préjudice indemnisables chez l’enfant
L’indemnisation d’un enfant victime d’un traumatisme crânien couvre l’ensemble des postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac. Certains postes prennent une dimension particulière pour un enfant.
Les préjudices temporaires (avant consolidation)
Le déficit fonctionnel temporaire (DFT) indemnise la perte de qualité de vie de l’enfant entre l’accident et la consolidation. Il est classé en quatre classes de gravité. Pour un enfant, le DFT peut s’étendre sur plusieurs années, ce qui génère une indemnisation conséquente.
Les frais divers comprennent les frais médicaux non remboursés, les frais de déplacement pour les consultations, l’aménagement du domicile si nécessaire, et les frais de soutien scolaire ou de cours particuliers rendus nécessaires par les séquelles.
Sur la base du référentiel Mornet 2022, le DFT total est indemnisé autour de 28 à 30 € par jour. Pour un enfant dont le DFT est de classe 3 (50 %) pendant 2 ans, l’indemnisation de ce seul poste peut atteindre environ 10 000 à 11 000 €.
Les préjudices permanents (après consolidation)
Le déficit fonctionnel permanent (DFP), anciennement appelé incapacité permanente partielle (IPP), est évalué en pourcentage. La valeur du point de DFP est plus élevée pour un enfant que pour un adulte, car la victime vivra avec son handicap plus longtemps. Un enfant de 8 ans avec un DFP de 30 % sera indemnisé de manière nettement supérieure à un adulte de 50 ans présentant le même taux.
L’incidence professionnelle constitue un poste particulièrement complexe chez l’enfant. Les répercussions du traumatisme crânien sur la future vie professionnelle doivent être évaluées de manière prospective. C’est pour cette raison que la consolidation est souvent différée.
Le préjudice scolaire
Le préjudice scolaire est un poste spécifique aux enfants. Il indemnise :
- Le retard scolaire (redoublement, déscolarisation temporaire)
- La réorientation contrainte vers une filière moins exigeante
- L’impossibilité de suivre la scolarité envisagée avant l’accident
- La perte de chance d’accéder à certaines formations ou diplômes
Inès, 14 ans, brillante élève de 3ème, est victime d’un traumatisme crânien lors d’un accident de la route. Avant l’accident, elle était en tête de sa classe et envisageait une classe préparatoire scientifique. Après l’accident, les séquelles cognitives (troubles de la mémoire, fatigue intense, difficultés de concentration) l’obligent à redoubler et à s’orienter vers une filière générale moins exigeante. L’expert retient un préjudice scolaire et une perte de chance professionnelle significatifs, évalués sur la base de la différence de revenus entre la carrière qu’elle aurait pu mener et celle qui lui est désormais accessible.
L’assistance par tierce personne
Lorsque l’enfant victime d’un traumatisme crânien nécessite une aide supplémentaire au quotidien (aide aux devoirs spécialisée, accompagnement pour les déplacements, surveillance renforcée), l’assistance par tierce personne est indemnisée. Pour un enfant ayant subi un traumatisme crânien sévère, le besoin en tierce personne peut être permanent et s’étendre tout au long de sa vie.
Le préjudice d’affection des proches
Les parents, frères et sœurs d’un enfant victime d’un traumatisme crânien subissent eux aussi un préjudice considérable. Le préjudice d’affection indemnise la souffrance morale des proches face au handicap de l’enfant. Ce poste est distinct de l’indemnisation de l’enfant lui-même.
- Déficit fonctionnel temporaire et permanent (valeur du point majorée)
- Préjudice scolaire (poste spécifique aux mineurs)
- Incidence professionnelle future (perte de chance)
- Assistance par tierce personne (parfois viagère)
- Souffrances endurées
- Préjudice esthétique (cicatrices, appareillage)
- Préjudice d’agrément (impossibilité de pratiquer ses activités de loisir)
- Préjudice d’affection des proches
Le simulateur d’indemnisation de victime-info.fr permet d’obtenir une première estimation des différents postes de préjudice. Pour un enfant, les montants sont indicatifs et doivent être affinés avec l’aide d’un professionnel.
La protection juridique de l’indemnisation de l’enfant
La loi prévoit des mécanismes spécifiques pour protéger les sommes versées à un enfant mineur au titre de l’indemnisation de son préjudice corporel. Les parents ne peuvent pas disposer librement de ces fonds.
Le rôle du juge des tutelles
Lorsque l’indemnisation d’un mineur dépasse un certain montant, le juge des tutelles intervient pour contrôler l’utilisation des fonds. L’indemnité est généralement placée sur un compte bloqué au nom de l’enfant, dont les fonds ne seront disponibles qu’à sa majorité, sauf autorisation spéciale du juge pour des dépenses liées aux besoins de l’enfant (soins, adaptation du logement, etc.).
L’administrateur légal (généralement les parents) doit obtenir l’autorisation du juge des tutelles pour accomplir les actes de disposition relatifs aux biens du mineur. L’acceptation d’une offre d’indemnisation amiable pour un mineur nécessite ainsi l’homologation judiciaire pour les montants significatifs.
La tutelle et la curatelle en cas de traumatisme crânien grave
Si le traumatisme crânien est grave au point de compromettre les capacités de discernement et de gestion de l’enfant à l’âge adulte, la mise en place d’une mesure de tutelle ou de curatelle doit être anticipée avant la majorité. Cette mesure de protection permettra de garantir que l’indemnisation est utilisée dans l’intérêt de la personne protégée.
Un accord amiable conclu au nom d’un enfant mineur doit être homologué par le juge. Les parents ne peuvent pas accepter seuls une offre d’indemnisation. Cette protection vise à empêcher que des offres sous-évaluées soient acceptées au détriment de l’enfant. C’est une garantie fondamentale dont il ne faut pas chercher à se soustraire.
Démarches et stratégie d’indemnisation
Les démarches d’indemnisation pour un enfant victime d’un traumatisme crânien demandent une approche stratégique adaptée, tenant compte de la durée du processus et de l’évolution imprévisible de l’état de l’enfant.
Étape 1 : Constituer le dossier médical
Dès l’accident, il est essentiel de conserver l’ensemble des documents médicaux : compte rendu des urgences, imagerie (IRM et scanner), comptes rendus d’hospitalisation, ordonnances, bilans neuropsychologiques, bulletins scolaires avant et après l’accident.
Étape 2 : Déclarer l’accident et identifier les responsables
Selon la cause du traumatisme (accident de la route, accident scolaire, agression), les démarches diffèrent. Il est important de déposer plainte si un tiers est responsable, et de déclarer le sinistre à l’assurance dans les délais requis.
Étape 3 : Se faire accompagner
Le choix d’un avocat spécialisé en dommage corporel et d’un médecin conseil de victimes est déterminant pour un enfant. Ces professionnels connaissent les spécificités du traumatisme crânien pédiatrique et sauront adapter la stratégie d’indemnisation aux enjeux de long terme.
La consolidation d’un enfant victime d’un traumatisme crânien peut prendre de nombreuses années. Pendant cette période, la famille a le droit de demander le versement de provisions (avances sur l’indemnisation finale) pour financer les soins, la rééducation et les aménagements nécessaires. Un avocat spécialisé peut saisir le juge des référés pour obtenir ces provisions rapidement.
Étape 4 : L’expertise médicale et la fixation des préjudices
L’expertise médicale doit être préparée minutieusement. L’ensemble des documents médicaux, bilans neuropsychologiques, témoignages des enseignants et rapports des professionnels de santé doivent être rassemblés. Le médecin conseil de la famille accompagne l’enfant et ses parents lors de chaque expertise.
Étape 5 : La négociation ou le procès
Après consolidation (ou consolidation partielle), les dommages sont chiffrés. La négociation amiable peut être tentée, mais l’offre de l’assureur est fréquemment insuffisante, en particulier pour un enfant dont les préjudices futurs sont importants. L’action en justice devant le tribunal judiciaire permet d’obtenir une réparation intégrale sous contrôle du juge.
Selon la gravité du traumatisme crânien et les séquelles retenues, l’indemnisation globale d’un enfant peut varier de 50 000 € pour un traumatisme crânien léger avec séquelles cognitives modérées à plus d’un million d’euros pour un traumatisme crânien grave avec handicap lourd nécessitant une tierce personne permanente. Consulter les exemples d’indemnisation pour traumatisme crânien pour plus de détails.
Les erreurs à éviter pour les parents
L’indemnisation d’un enfant victime d’un traumatisme crânien est un processus long et complexe. Certaines erreurs peuvent compromettre durablement les droits de l’enfant.
- Accepter la première offre de l’assureur : l’assureur propose systématiquement un montant inférieur au préjudice réel. Chez l’enfant, où les séquelles ne sont pas encore entièrement connues, accepter trop tôt est catastrophique.
- Ne pas demander d’expertise par un neuropsychologue : les séquelles cognitives et comportementales nécessitent des bilans spécialisés. Sans ces bilans, l’expert médical risque de sous-évaluer le préjudice.
- Consolider trop tôt : une consolidation prématurée empêche de prendre en compte les séquelles qui apparaîtront plus tard.
- Ne pas conserver les preuves de la vie « d’avant » : bulletins scolaires, attestations d’activités sportives, témoignages des enseignants sur le niveau de l’enfant avant l’accident sont essentiels.
- Se rendre seul à l’expertise médicale : l’expert mandaté par l’assureur défend les intérêts de l’assureur. La famille doit impérativement être accompagnée d’un médecin conseil indépendant.
Pour éviter ces pièges, la famille peut se rapprocher de la permanence de victime-info.fr qui oriente gratuitement vers les professionnels adaptés.
Questions fréquentes sur l’indemnisation du traumatisme crânien de l’enfant
Questions fréquentes
Quel est le délai de prescription pour demander l'indemnisation d'un enfant victime d'un traumatisme crânien ?
Le délai de prescription est de 10 ans à compter de la consolidation du dommage (article 2226 du Code civil). Pour un mineur, ce délai ne commence à courir qu’à compter de sa majorité. Un enfant victime d’un traumatisme crânien a donc jusqu’à ses 28 ans au maximum pour engager une action en indemnisation, voire plus si la consolidation intervient après sa majorité.
L'enfant peut-il être indemnisé même s'il est en partie responsable de l'accident ?
Dans le cadre d’un accident de la route, la loi Badinter protège totalement les enfants de moins de 16 ans : leur faute ne peut pas leur être opposée (sauf recherche volontaire du dommage). Pour les autres types d’accidents, la faute de l’enfant peut en théorie réduire son indemnisation, mais les tribunaux sont très protecteurs envers les mineurs et tiennent compte de leur âge et de leur discernement limité.
Qui gère l'argent de l'indemnisation d'un enfant mineur ?
Les fonds sont généralement placés sur un compte bloqué au nom de l’enfant, sous le contrôle du juge des tutelles. Les parents (administrateurs légaux) peuvent demander au juge l’autorisation de débloquer des sommes pour les besoins de l’enfant (soins, rééducation, aménagements). Le solde est libéré à la majorité de l’enfant.
Peut-on rouvrir un dossier d'indemnisation si de nouvelles séquelles apparaissent ?
Oui, si l’expertise initiale a prévu une clause de réserve pour aggravation, ou si la consolidation n’a pas encore été fixée définitivement. C’est pourquoi il est capital d’insister pour que l’expert médical intègre des réserves dans son rapport, particulièrement pour un enfant dont l’évolution est imprévisible. En cas d’aggravation post-consolidation, une nouvelle action est possible dans un délai de 10 ans à compter de l’aggravation constatée.
La garantie accidents de la vie (GAV) couvre-t-elle le traumatisme crânien de l'enfant ?
La GAV couvre les accidents de la vie courante, y compris les chutes et accidents domestiques qui ne sont pas causés par un tiers. Si l’enfant se blesse seul (chute de vélo sans tiers, chute dans un escalier), la GAV des parents peut intervenir. Toutefois, les plafonds et conditions varient selon les contrats. Il est indispensable de vérifier les clauses de son contrat et de ne pas accepter l’offre initiale de l’assureur GAV sans l’avoir fait analyser.
Un enfant victime d'un traumatisme crânien à l'école peut-il être indemnisé ?
Oui. L’indemnisation d’un accident scolaire est possible en recherchant la responsabilité de l’Éducation nationale (défaut de surveillance) ou en activant l’assurance scolaire. Si un autre enfant est à l’origine de l’accident, la responsabilité de ses parents peut être engagée. Plusieurs mécanismes d’indemnisation peuvent se cumuler.
Conclusion : protéger l’avenir de l’enfant victime d’un traumatisme crânien
L’indemnisation d’un enfant victime d’un traumatisme crânien ne se résume pas à un chiffre. Il s’agit de garantir que cet enfant disposera des moyens financiers nécessaires pour bénéficier des soins adaptés, poursuivre une scolarité dans les meilleures conditions possibles et compenser les conséquences du traumatisme tout au long de sa vie.
La complexité de ces dossiers exige un accompagnement spécialisé. Un avocat en dommage corporel, un médecin conseil de victimes et, le cas échéant, un neuropsychologue sont les professionnels indispensables pour défendre correctement les droits de l’enfant.
Victime-info.fr, en partenariat avec l’Association d’Aide aux Victimes de France (AVF), accompagne gratuitement les familles d’enfants victimes dans leurs démarches d’indemnisation.
La permanence de victime-info.fr oriente les familles vers les professionnels adaptés : avocats spécialisés en dommage corporel, médecins conseils de victimes et associations d’aide. L’accompagnement est gratuit et confidentiel.
Témoignages
— Christelle, 42 ans, maman d'un garçon de 10 ans victime d'un accident de la routeBon je témoigne parce que c’est important.. Mon fils a été renversé sur un passage piéton en sortant de l’école ya 3 ans. Traumatisme crânien modéré. A l’hopital on nous disait que ça allait aller, que les enfants récupèrent bien. Sauf que 6 mois après ses notes ont commencé a dégringoler, il était agressif à la maison, il pleurait tout le temps. L’assurance nous proposait 12000€ pour tout cloturer. Heureusement on a trouvé victime-info.fr qui nous a expliqué qu’il fallait surtout pas accepter et qu’on devait demander une expertise neuropsychologique. Au final le dossier est toujours en cours, consolidation repoussée, et on a déjà obtenu 35000€ en provisions. Je regrette pas d’avoir attendu.
— Mehdi, 38 ans, papa d'une fille de 14 ans blessée lors d'un accident scolaireFranchement si j’avais pas fait mes recherches je serais passé à côté de beaucoup de choses. Ma fille est tombée dans les escaliers du collège, personne surveillait, elle a tapé la tête. L’école disait que c’était qu’une bosse mais au scanner ils ont trouvé un hématome. Elle a des problèmes de mémoire depuis, elle qui était bonne élève. L’assurance scolaire voulait donner 3000€ j’ai halluciné. Avec l’avocat qu’on nous a conseillé on est en procédure contre l’education nationale et on vise beaucoup plus. Faut pas lacher.
— Laura, 29 ans, grande sœur d'un enfant victime d'un TC grave à véloMon petit frère avait 7 ans quand il a eu son accident de vélo, il portait pas de casque, il est tombé sur la route et une voiture la touché. Score de Glasgow très bas à l’arrivée des secours.. Aujourd’hui il a 15 ans, il est en ULIS, il aura jamais une vie normale. Mes parents ont galéré pendant des années avec les démarches. Ce que je veux dire aux parents c’est: ne signez RIEN sans un avocat spécialisé. L’assureur de la voiture voulait cloturer le dossier quand mon frère avait 10 ans, c’était aberrant vu que personne savait comment il allait évoluer. Courage à toutes les familles qui vivent ça.



